
Quelques jours après la fin de saison, l’heure est au bilan du côté de l’US Oyonnax. Et pour Dougal Bendjaballah, le constat est globalement positif. Après une saison marquée par la relégation du Top 14 puis un exercice particulièrement difficile, l’objectif fixé il y a un an était avant tout de remettre le club sur les rails.
« L’objectif, c’était de redorer le blason », rappelle le président. Mission accomplie selon lui. Avec une quatrième place en phase régulière, un barrage à domicile puis une demi-finale disputée sur la pelouse de Vannes, l’USO a retrouvé une forme de stabilité sportive.
Le dirigeant met notamment en avant la solidarité affichée par le groupe tout au long de l’exercice. Malgré plusieurs défaites frustrantes en début de saison, parfois concédées dans les dernières minutes, les Oyomen ont conservé leur cohésion et n’ont jamais sombré dans le doute. Le travail du staff emmené par Fabien Cibray est également salué, tout comme l’influence du capitaine australien Phoenix Battye, dont l’expérience a contribué à fédérer le vestiaire.
Les statistiques viennent confirmer ce retour au premier plan. Avec plus de 1 000 points inscrits et 130 essais marqués, Oyonnax a terminé avec la deuxième meilleure attaque de Pro D2 tout en affichant la quatrième défense du championnat.
« Une bonne équipe, mais encore pas une grande »
Pour autant, Dougal Bendjaballah refuse de s’enflammer. Selon lui, plusieurs matchs ont échappé à l’USO alors qu’ils semblaient à portée de main. Ces points laissés en route lors des premiers blocs de championnat ont obligé les Oyomen à courir après le classement durant une grande partie de la saison. Le président établit ainsi une distinction claire entre une « bonne équipe » et une « grande équipe ». « Une bonne équipe domine à domicile, réalise quelques exploits à l’extérieur et se qualifie pour les phases finales. Une grande équipe, elle, est capable de gagner régulièrement loin de ses bases et de battre ses concurrents directs dans les moments décisifs » poursuit-il.
Malgré tout, le dirigeant estime que l’USO dispose désormais d’un socle solide pour poursuivre sa progression. La continuité accordée au staff et à une grande partie de l’effectif constitue à ses yeux un atout majeur. « Quand on est un club comme Oyonnax, la continuité est un facteur essentiel de réussite », souligne-t-il.
Le véritable défi : remobiliser supporters et partenaires
Mais c’est surtout en dehors du terrain que le président identifie aujourd’hui le principal chantier du club.
Le déplacement à Vannes pour la demi-finale de Pro D2 a servi d’électrochoc. Au-delà du résultat sportif, Dougal Bendjaballah dit avoir été impressionné par l’engouement populaire observé en Bretagne. « Toute la région vivait pour le rugby », constate-t-il.
Une situation qui contraste avec celle d’Oyonnax. Malgré une saison réussie, le barrage disputé à domicile n’a attiré qu’un peu plus de 5 000 spectateurs à Charles-Mathon. Un chiffre que le président juge insuffisant.
L’érosion de l’affluence ne date pas de cette saison. Elle s’inscrit selon lui dans une tendance plus ancienne qui touche également les partenaires économiques. Pour inverser cette dynamique, l’USO entend désormais élargir son rayon d’action. Dougal Bendjaballah évoque notamment le bassin de Gex, mais la réflexion concerne plus largement l’ensemble des territoires voisins susceptibles de s’identifier au club.
Dans cette logique, le Jura apparaît naturellement comme un territoire à conquérir. Pour de nombreux habitants du Sud-Jura, Oyonnax demeure le club professionnel le plus proche. Le président estime que ce potentiel reste encore largement sous-exploité. « Il faut que ce soit l’ambition de toute une région », insiste-t-il.
Le message est également adressé aux entreprises. Pour lui, l’avenir du club repose sur une mobilisation collective bien plus large que le seul cercle historique des partenaires.
Formation et recrutement au cœur du projet
L’autre axe majeur de développement concerne la formation. L’USO souhaite poursuivre le travail engagé avec sa « capsule », destinée à accompagner les jeunes joueurs vers le haut niveau. Cette saison, près de 60 % des joueurs intégrés à ce dispositif ont obtenu du temps de jeu avec les professionnels.
Pour le président, la réussite du club passera de plus en plus par sa capacité à identifier et faire progresser ses propres talents. L’arrivée de Cyril Villain doit notamment permettre de renforcer le suivi des jeunes joueurs et le travail de recrutement.
L’objectif est clair : retrouver ce qui a longtemps fait la force d’Oyonnax, à savoir dénicher des joueurs à fort potentiel avant qu’ils n’apparaissent sur les radars des plus grosses écuries.
Le club entend également poursuivre sa politique de prêts afin de permettre à certains jeunes d’accumuler du temps de jeu dans des divisions inférieures avant de revenir plus armés. Une stratégie cohérente avec la réalité économique du club.
Car si l’USO ambitionne de faire encore mieux la saison prochaine, Dougal Bendjaballah rappelle que la montée en Top 14 ne peut aujourd’hui constituer un objectif affiché. Avec un budget qui devrait passer sous les 12 millions d’euros la saison prochaine, contre plus de 20 millions pour les places fortes du Top 14, le président préfère avancer étape par étape.
« Un club peut survivre grâce à un homme, mais il ne peut pas progresser grâce à un homme », conclut-il. Un message qui résume parfaitement la feuille de route de l’US Oyonnax : continuer à performer sportivement tout en reconstruisant autour du club un véritable élan populaire et économique.

























