Orchamps. Quand le patrimoine continue de raconter le village

Depuis 25 ans, la Maison du patrimoine collecte, conserve et raconte l’histoire d’Orchamps. Née autour de la mémoire des anciens tissages, elle a progressivement élargi son regard pour valoriser toutes les facettes du patrimoine local.

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Alain Frionnet et Christian Richard ainsi que les bénévoles s’attachent à préserver et transmettre les différentes facettes du patrimoine d’Orchamps.

À Orchamps, le patrimoine ne se résume pas aux vieilles pierres. Dans les anciennes halles communales, un métier à tisser rescapé côtoie outils, objets du quotidien, documents et reconstitutions. Depuis 25 ans, la Maison du patrimoine rassemble ces témoins de l’histoire locale avec une ambition : ne pas seulement les conserver, mais continuer à les raconter.

L’aventure débute autour des anciens tissages d’Orchamps, créés en 1900 et fermés en 1981. Près de vingt ans après leur disparition, d’anciens ouvriers souhaitent préserver la mémoire de cette activité qui a profondément marqué la commune. Un métier à tisser, seul rescapé du site, avait échappé à la destruction avant d’être récupéré par la municipalité. En octobre 2000, une réunion rassemble les anciens salariés d’Orchamps et de Dampierre. « Il y a eu une émotion extraordinaire. Puis ça a démarré comme ça », se souvient Christian Richard, ex-maire et bénévole actif de l’association.

Métier à tisser ancien exposé dans une salle
Le métier à tisser, l’une des pièces emblématiques de la maison du patrimoine. Crédit photo : Maison du Patrimoine Orchamps

Bien au-delà de la mémoire industrielle

Le métier demeure l’une des pièces emblématiques des lieux. Autour de lui, navettes, tissus et accessoires racontent cette histoire industrielle. Une origine que rappelle Alain Frionnet, président : « C’est vraiment le démarrage de notre association ». D’abord consacrée aux tissages, la structure s’est progressivement ouverte « à toutes les autres activités » et, plus largement, à ce qui constitue le patrimoine d’Orchamps.

Les dons ont notamment enrichi les collections. Une « pièce grand-mère » reconstitue un intérieur ancien, tandis qu’outils agricoles et artisanaux témoignent des activités d’autrefois. « Notre travail, c’est le patrimoine dans tout l’ensemble », résume Christian Richard. Culturel, cultuel, environnemental, architectural ou industriel : le champ est large et dépasse désormais les limites de la commune pour s’étendre au Nord Jura.

Cette diversité nourrit également les expositions. Lumière, place des femmes pendant la Grande Guerre, jouets, microtechnologies, eau ou terre : les thèmes se succèdent. « On sollicite des musées, des particuliers, nos adhérents », explique Alain Frionnet. Objets et documents sont ensuite mis en scène par les bénévoles, qui réalisent eux-mêmes une grande partie des aménagements.

Photo d’exposition sur la terre, objets en cave
Une cave où prendra place l’exposition annuelle. Crédit photo : Maison du Patrimoine Orchamps

Un patrimoine à transmettre

Car conserver n’a de sens que si cette mémoire est partagée. Les scolaires occupent une place particulière dans cette démarche. Plusieurs journées leur sont réservées lors des expositions. Face aux objets de la « pièce grand-mère », les enfants découvrent notamment un quotidien disparu. « Ils découvrent des choses qu’ils ne voient pas, qu’ils n’ont jamais vues », souligne Christian Richard.

Deux fois par an, la Maison du patrimoine publie également Trames de vie, son bulletin consacré à l’histoire, aux personnages, aux coutumes et aux différentes formes du patrimoine. « Le patrimoine, ça ne s’arrête pas à l’architecture », insiste Christian Richard. Autre rendez-vous désormais bien installé : l’exposition annuelle, organisée cette année les 10 et 11 octobre, de 10 heures à 18 heures.

Vingt-cinq ans après la réunion des anciens ouvriers, le métier à tisser qui avait tout déclenché est toujours là. Autour de lui s’est cependant construite une démarche bien plus vaste : collecter les traces du passé, les documenter et surtout les transmettre. Une manière de faire de l’histoire d’Orchamps une mémoire toujours vivante.