À Lons-le-Saunier, l’urgence psychiatrique dispose désormais d’un outil dédié. Inauguré le 17 juin sur le site du Centre hospitalier Jura Sud, le centre de crise accueille depuis plus d’un an déjà des patients en souffrance psychique aiguë.
Son installation récente à proximité immédiate des urgences marque une nouvelle étape pour ce dispositif porté conjointement par le Centre hospitalier spécialisé Saint-Ylie Jura, le Centre hospitalier Jura Sud et la clinique Val Dracy – Val Jura.
Au-delà des nouveaux locaux, les responsables ont surtout mis en avant une organisation inédite. Le centre repose sur une équipe commune associant soignants et médecins du CHS Saint-Ylie Jura et de la clinique Val Darcy. Une coopération rare à l’échelle nationale, présentée comme une réponse aux tensions que connaît aujourd’hui le système de santé.
Depuis plusieurs années, les patients nécessitant une prise en charge psychiatrique arrivaient aux urgences sans disposer d’une structure intermédiaire adaptée. ” Les patients étaient accueillis comme ils se doivent, mais ensuite orientés, ou plutôt désorientés, vers des services somatiques qui n’étaient pas en mesure de les soigner “, a rappelé Stéphane Filipovitch, directeur du CHS Saint-Ylie Jura.
Une étape intermédiaire devenue indispensable
” La différence avec la situation d’avant, c’est cette étape intermédiaire indispensable de 24 à 48 heures qui permet de trouver les bonnes solutions pour les patients et de faire baisser la pression sur les soignants “, a souligné Philippe Lequien, directeur du Centre hospitalier Jura Sud.
Concrètement, après une première évaluation aux urgences, les patients peuvent être admis au centre de crise avant une éventuelle hospitalisation à Saint-Ylie, à la clinique Val Jura ou un retour à domicile avec un suivi adapté. ” C’est une réponse graduée, coordonnée et territoriale “, a résumé le directeur des CHJS.
Pour Pierre Dorier, directeur de la clinique Val Jura et Val Dracy, cette organisation illustre l’évolution nécessaire du secteur. ” Il n’y a aujourd’hui aucun gaspillage possible des ressources médicales. Elles sont plus efficaces lorsqu’elles travaillent ensemble plutôt que côte à côte “, a-t-il estimé.
Un modèle de coopération salué
Les intervenants ont unanimement mis en avant la complémentarité entre les établissements. ” Au chevet du malade, il n’y a plus de public ou de privé. Il n’y a que de la compétence et de la bienveillance “, a insisté Stéphane Filipovitch.
Même satisfaction du côté de l’Agence régionale de santé. Emma Gay-Bonniot, directrice territoriale de l’ARS Jura, a salué ” un effort de coopération et de mise en commun des ressources “ dans un contexte où les besoins en santé mentale ne cessent d’augmenter.
Le maire de Lons-le-Saunier, Cyrille Brero, a également vu dans ce projet un signal positif pour l’hôpital lédonien. ” Tout n’est pas noir. Aujourd’hui, vous êtes en train de le démontrer à travers ce partenariat public-privé “, a-t-il déclaré.

























