À Lons-le-Saunier, l’Atelier Canopé 39 veut replacer l’humain au cœur du débat sur l’intelligence artificielle. Le 27 mai, la structure départementale du Réseau Canopé participera à une journée nationale consacrée aux usages de l’IA dans l’éducation. Tables rondes, ateliers et “Café IA” rythmeront cette rencontre gratuite ouverte aux enseignants, élus et professionnels de l’éducation. « L’idée n’est ni de pousser les usages, ni de faire peur », explique Frédéric Kapala, directeur de l’Atelier Canopé 39. « Il faut permettre aux gens de décider en connaissance de cause. »
L’enjeu dépasse largement les salles de classe. Depuis plusieurs mois, l’IA générative bouleverse les pratiques pédagogiques, notamment autour des devoirs, de l’évaluation ou de la préparation des cours. Pour Frédéric Kapala, le danger serait surtout de déléguer sans contrôle. « Une IA produit du vraisemblable, pas forcément du vrai », insiste-t-il. Le responsable rappelle que ces outils « répondent toujours », même lorsqu’ils inventent des références ou des sources. D’où la nécessité, selon lui, de conserver un regard critique permanent. « On ne demande rien à l’IA qu’on ne soit capable soi-même d’évaluer », résume-t-il.
Former plutôt que surveiller
À Canopé, la réponse passe donc par la formation et non par la méfiance systématique. Les ateliers proposés le 27 mai doivent justement aider les participants à réfléchir aux limites de ces technologies. « Il ne faut jamais perdre la main », martèle Frédéric Kapala. Selon lui, l’école devra désormais évaluer davantage les démarches que les simples résultats. Une évolution déjà engagée dans certaines universités avec le retour des oraux ou l’analyse critique des productions générées par l’IA. « Le sujet, ce n’est pas le produit, c’est le processus », conclut-il.






















