
Entre les rayons du magasin, les œuvres attirent immédiatement le regard. Rubans de soie, matières recyclées et motifs inspirés de la nature composent l’exposition “Le temps des fleurs, nature tissée”. L’artiste travaille notamment à partir d’anciens saris qu’elle transforme en tableaux textiles. « Je récupère ces rubans de soie et je les retisse », explique-t-elle. Un travail minutieux, où chaque fil est repris à la main.
Car pour Chantal Mermet-Guyenet, le tissage ne se résume pas à un objet décoratif. Formée à Paris, elle a enseigné pendant 35 ans dans plusieurs ateliers avant de poursuivre son activité dans son atelier de l’Ain. « Être tisserande, c’est tout faire de A à Z », insiste-t-elle. Choix des matières, préparation des fils, conception des motifs : chaque étape demande du temps et une parfaite maîtrise technique.
Son travail puise aussi dans des influences multiples. L’artisane s’inspire des écorces d’arbres, des paysages et des techniques textiles découvertes au fil de ses voyages. Écosse, Suède ou Pologne ont nourri sa pratique. « Le tissage, pour moi, c’est une respiration », souffle-t-elle.
Une pratique artisanale loin de l’industrie
À travers ses créations, Chantal Mermet-Guyenet défend une vision artisanale du textile, à l’opposé de la production industrielle. Certaines œuvres exposées à Champagnole intègrent ainsi des techniques anciennes apprises tout au long de sa carrière. « Ce qui m’intéresse, c’est le patrimoine textile », explique-t-elle.
Cette passion l’a menée bien au-delà de son atelier. Pendant plusieurs années, elle a parcouru la France pour réaliser des démonstrations de tissage lors d’inaugurations de magasins Ikea. Un métier démontable l’accompagnait alors de ville en ville. « Je tissais directement dans les magasins pendant une semaine », raconte-t-elle.
Aujourd’hui encore, à 72 ans, elle continue de transmettre son savoir-faire à travers des stages et des rencontres. Car derrière chaque création se cache aussi une volonté de préserver des techniques devenues rares. « Faire vivre de tels métiers reste compliqué », reconnaît-elle néanmoins.
Le retour des métiers d’art
L’exposition présentée à Champagnole témoigne aussi d’un regain d’intérêt pour les métiers d’art et le travail manuel. À Biocoop, les visiteurs découvrent parfois pour la première fois l’ampleur du travail nécessaire à la réalisation d’un tissu.
Pour Christophe Leng, directeur du magasin, cette exposition permet aussi de mettre en lumière des artisans locaux souvent méconnus. « Ça ouvre les gens à autre chose », observe-t-il. Chantal Mermet-Guyenet reviendra d’ailleurs autour du 22 mai pour échanger avec les visiteurs et présenter d’autres créations tissées à la main.






















