L’état de santé de nos cours d’eau, entr’autres la Loue, reste une source d’inquiétude majeure malgré des années de sensibilisation. Face à ce constat, le GIEEM (Groupement Interdisciplinaire Eau et Environnement du Massif du Jura) s’est présenté comme une force de proposition scientifique et citoyenne. Sous une direction collégiale, ce « think tank » (groupe de recherche et de réflexion) local souhaite dépasser les oppositions stériles en s’appuyant sur des diagnostics rigoureux.
La fragilité invisible du karst
L’un des points forts du colloque était le rappel de la spécificité géologique du Jura. Le sol karstique, très peu épais et extrêmement perméable, rend nos ressources en eau d’une vulnérabilité extrême. Dans notre région, l’écosystème montre des signes de saturation dès que le taux de nitrates franchit les 3 mg/L, un seuil bien plus bas que dans d’autres régions françaises.
Cette fragilité est mise à rude épreuve par l’intensification des activités humaines, notamment l’agriculture (avec une hausse de 15 % des livraisons de lait en dix ans) mais aussi les carences des stations d’épuration face aux nouveaux polluants chimiques comme les résidus de médicaments ou les herbicides.
Réconcilier rentabilité et écologie
Loin de vouloir pointer un coupable unique, le Gieem prône une approche solidaire. « Nous utilisons tous la même eau », rappelait Philippe Alpy, président de l’EPAGE Haut-Doubs Haute Loue, soulignant que nous faisons partie d’une “maison commune”.
Pour passer de la parole aux actes, l’association a déjà élaboré six fiches techniques destinées à l’élevage laitier. Leur message est clair. La performance technique à outrance n’est pas la seule voie. En limitant la course au rendement, les éleveurs peuvent réduire leur endettement et leurs charges d’intrants, prouvant que la rentabilité est compatible avec le respect de l’environnement.

Un appel à toutes les bonnes volontés
Le succès de cette première manifestation, qui a réuni citoyens, pêcheurs, scientifiques et élus comme Dominique Voynet, encourage le Gieem à élargir ses horizons. L’association appelle désormais de nouveaux membres à la rejoindre pour travailler sur d’autres thématiques cruciales : viticulture, forêt, eaux usées, gestion des micropolluants et accompagnement aux changements.
Vous souhaitez adhérer ?
Outre une cotisation annuelle de 15 €, il faut signer la charte de l’association qui impose de privilégier un travail de réflexion apaisé, loin des jugements péremptoires, et basé sur le diagnostic scientifique.
























