Jura. « Avec moi, ce ne sera pas le grand soir » : la ministre Sabrina Roubache en visite à Poligny, Gevingey et Hauts-de-Bienne

Arrivée hier dans le Jura pour un repas avec les acteurs économiques locaux, la ministre déléguée chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels et de l'Apprentissage, Sabrina Roubache, était en visite aujourd'hui au lycée Hyacinthe Friant à Poligny, à la CMA de Gevingey, et au lycée Victor Bérard à Hauts-de-Bienne.

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La ministre a notamment précisé que les aides à l'apprentissage pour les infrabacs étaient maintenus.

En fonction depuis un peu plus de trois mois, Sabrina Roubache est venue défendre la filière professionnelle, et répondre à quelques inquiétudes, dans le Jura ce vendredi 5 juin. Au lycée Hyacinthe Friant de Poligny le matin, la ministre déléguée chargée de l’Enseignement professionnel a découvert un établissement d’exception, qui forme des apprentis de renom en hôtellerie-restauration. Vivien Sonzogni, de la Table du Grapiot, en est l’archétype : « J’ai fait mon Bac, mon BTS et ma mention ici. J’étais plus proche de Dijon, mais la réputation de l’établissement m’a donné envie de venir », a raconté le chef cuisinier, qui a reçu récemment sa première étoile au Guide Michelin. « 95 % du personnel est issu du lycée Friant. On a embauché deux apprentis l’année dernière et, cette année, on en avait encore trois. C’est un vrai engagement d’avenir », a-t-il résumé.

Vivien Sonzogni, de la Table du Grapiot, a été un témoignage fort de la réussite du réseau de l’apprentissage.

Les TPE-PME privilégiés pour les aides à l’apprentissage

Mais cette filière de l’apprentissage craint une stagnation, après sa hausse exceptionnelle en huit ans (300 000 apprentis en 2017 pour 1 million en 2025). « La profession est très inquiète face aux coups de rabot sur les CFA (Centre de formation d’apprentis) – avec quatre fois moins d’aides – face à la baisse des aides à l’apprentissage et la suppression de l’aide au permis de conduire pour les jeunes », a exprimé Patrick Franchini, président de l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) du Jura, face à la ministre. La Conseillère régionale de Provence-Alpes-Côte d’Azur lui a répondu en assumant sa position et en indiquant quelques chiffres : « 80 % des apprentis sont dans les TPE-PME. Pour ces dernières, les crédits ont été quasiment maintenus, passant de 6 000 euros d’aide unique à 5 000 euros. En revanche, pour les entreprises de plus de 250 salariés, effectivement, il y a un coup de rabot, de 5 000 euros à 2 000 euros d’aide. C’est un parti-pris, j’estime que les entreprises qui font beaucoup de bénéfices n’ont pas besoin d’argent public ».

Sabrina Roubache a visité les locaux du lycée Hyacinthe Friant, en très bon état grâce à des investissements publics depuis des dizaines d’années.
De nombreux élus, ainsi que le préfet et la rectrice d’académie, l’ont accompagné.

Des aides maintenues pour les apprentis infrabac

Concernant la baisse de 100 millions d’euros pour la Région, dans le cadre de France compétences, Sabrina Roubache explique que cette coupe va s’accompagner d’un « nouveau travail sur les CFA défaillants, en lien avec la BPI (Banque Publique d’Investissement) locale ». La ministre a également précisé que les crédits étaient maintenus pour les apprentis infrabac (diplômes inférieurs au baccalauréat comme le CAP ou le BEP).

Et, à Poligny puis à Gevingey, en fin de matinée, de nombreux élèves étaient concernés. Entre le CAP Boucherie ou Maintenance des véhicules, Sabrina Roubache a rencontré des jeunes passionnés par leur spécialité. Des questions ont pu émaner sur l’avenir de leur discipline, comme la formation sur les voitures électriques à renforcer pour répondre aux besoins du marché de demain. Enfin, sa visite s’est close dans l’après-midi par une excursion dans le Haut-Jura, où le lycée Victor Bérard, à Hauts-de-Bienne, a présenté une autre fierté du territoire : la filière industrielle des métiers de l’Optique et des Microtechniques. Tout au long de la visite, la ministre a essaimé sa patte : « Avec moi, ce ne sera pas le grand soir, je ne vais pas entamer de grandes réformes. Mais on va discuter, comme avec le SNETAA (premier syndicat des professeurs de lycée professionnel), qui revient à la table le 16 juin ».

Plus d’informations à retrouver dans notre prochaine édition du 15 juin