Édito. Même Dracula a peur de sa facture

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Les sorcières ont rangé leurs balais, les vampires leurs canines et les squelettes sont retournés au placard. Halloween est derrière nous. Les enfants ont fait le plein de bonbons, les parents ont retrouvé quelques emballages sous le canapé et les citrouilles commencent doucement à faire grise mine. Bref, tout devrait rentrer dans l’ordre. Enfin, presque.

Car si les monstres ont déserté nos rues, les véritables frayeurs du quotidien, elles, n’ont pas pris de vacances. Il suffit d’ouvrir sa boîte aux lettres pour s’en convaincre. Une facture d’énergie, un avis d’imposition ou une mystérieuse enveloppe portant la mention « régularisation » : voilà de quoi faire pâlir Dracula sans même sortir l’ail et le crucifix.

Et que dire du passage en caisse au supermarché ? Certains tickets sont désormais si longs qu’ils pourraient servir de bandages à une momie. Quant au plein de carburant, il suffit parfois de regarder le montant s’afficher pour vivre une expérience digne d’un film d’horreur. Sans effets spéciaux, ni supplément popcorn.

Il faut pourtant reconnaître une qualité à Halloween : au moins, les monstres jouent franc jeu. Ils frappent à votre porte, annoncent « des bonbons ou un sort » et repartent avec quelques sucreries. Dans la vraie vie, les mauvaises surprises arrivent généralement sans déguisement, mais avec une date limite de paiement.

Le plus inquiétant, finalement, c’est peut-être notre capacité à nous habituer à tout. À force de courir après le temps, de surveiller les prix et de jongler avec les dépenses, nous avons presque oublié ce que signifie avoir peur pour de faux.

Alors, profitons de ce début novembre pour retrouver un peu de légèreté. Les citrouilles peuvent finir en soupe, les costumes retourner au grenier et les bonbons survivants accompagner le café.

Pour les autres monstres, malheureusement, inutile d’attendre le prochain 31 octobre.

Ils connaissent déjà notre adresse.