Normalement, après 2026 vient 2027. C’est en tout cas ce que nous enseignent les calendriers. En politique française, en revanche, la chronologie semble être devenue facultative. Nous sommes encore en octobre, mais 2027 est déjà partout. Dans les journaux, sur les plateaux télévisés, dans les sondages et, évidemment, dans les petites phrases. À ce rythme, autant commencer à souhaiter la bonne année.
Il faut dire que la présidentielle approche. Enfin, « approche » est un grand mot. D’ici au premier tour, il reste encore Noël, le réveillon, la galette des rois et quelques mois pour changer d’avis. Peu importe : la course est déjà lancée.
Il y a désormais ceux qui sont candidats, ceux qui pourraient l’être, ceux qui réfléchissent à le devenir et ceux qui aimeraient d’abord être désignés par leur propre camp. Sans oublier ceux qui ne disent rien mais dont tout le monde parle quand même. Avant de choisir un président, il faut donc déjà réussir à savoir qui tentera de le devenir. Un premier scrutin serait presque nécessaire pour s’y retrouver.
Et puis, évidemment, il y a les sondages. Untel face à untel, avec celui-ci, sans celui-là, dans l’hypothèse où machin se présenterait mais où truc renoncerait. Les Français peuvent ainsi découvrir ce qu’ils voteraient dans six mois dans des configurations qui n’existent parfois même pas encore. Pratique.
Désormais, chaque déplacement ressemble à un début de campagne. Une visite sur un marché ? Présidentielle. Un livre ? Présidentielle. Un discours ? Présidentielle. Une poignée de main un peu trop énergique ? On attend encore, mais quelqu’un finira bien par y voir un signe.
Alors, profitons encore un peu de 2026. Après tout, elle n’est pas terminée. Il reste même quelques semaines avant le réveillon. Parce qu’à force de commencer 2027 dès octobre, en janvier, nous risquons d’avoir épuisé la campagne avant même qu’elle ait officiellement commencé. Et, surtout, quelqu’un finira forcément par nous parler de 2032.
























