Cramans. Derrière les ateliers de l’ESAT, des métiers et des parcours de vie vers l’autonomie

À Cramans, 57 travailleurs en situation de handicap participent à des activités agricoles, horticoles et de services. Un quotidien professionnel où l'apprentissage des métiers se conjugue avec la recherche d'autonomie.

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La vente de fleurs permet aux travailleurs de l'ESAT de faire découvrir leurs productions et leurs compétences aux visiteurs.

Dans les serres, les fleurs prennent forme au fil des saisons. À quelques centaines de mètres, les volailles occupent les bâtiments agricoles, tandis que d’autres équipes ont déjà quitté le site pour entretenir des espaces verts ou des locaux professionnels. À Cramans, l’Établissement et service d’accompagnement par le travail (ESAT) fonctionne comme une entreprise aux multiples activités. Mais derrière chaque production se trouve une ambition : permettre à des personnes en situation de handicap d’acquérir des compétences et de construire leur autonomie.

Rattachée à l’association Juralliance, la structure accueille 57 travailleurs, encadrés par une quinzaine de professionnels. Leurs parcours diffèrent autant que leurs âges, de 18 à 60 ans. Certains ont grandi dans des établissements spécialisés, tandis que d’autres ont rejoint l’ESAT après un parcours personnel ou professionnel différent. « Le but de notre structure, c’est d’accueillir ces personnes-là, de les mettre au plus près de la réalité avec le monde du travail ordinaire », explique Jérôme Touillet, chef d’atelier.

Une diversité d’activités au service de l’apprentissage

Sur place, l’horticulture constitue l’un des principaux pôles. Les travailleurs assurent la production de fleurs de printemps et de plantes d’automne, destinées notamment à la vente directe. Rempotage, arrosage et repiquage rythment les journées des ouvriers de l’atelier.

Plus loin, l’élevage de volailles et la production d’œufs mobilisent d’autres équipes. Récoltés sur place, les œufs sont triés, calibrés, marqués et conditionnés avant d’être commercialisés auprès de professionnels locaux. L’établissement dispose également d’un abattoir, où les travailleurs formés interviennent dans le respect de procédures sanitaires spécifiques.

En parallèle, quatre équipes assurent l’entretien d’espaces verts pour des particuliers, des entreprises et des collectivités. D’autres interviennent dans le nettoyage de locaux. Autant d’activités qui confrontent les travailleurs aux exigences de leurs métiers et aux relations avec les clients.

L’autonomie comme horizon

Au-delà des compétences techniques, l’accompagnement porte aussi sur la vie quotidienne. Certains travailleurs résident en foyer, d’autres vivent de manière autonome dans les communes environnantes. « On travaille en parallèle de cette activité, cette autonomie professionnelle, aussi l’autonomie personnelle », précise Jérôme Touillet.

L’ESAT développe également de nouvelles pratiques. Depuis le début de l’année, une production de terreau a été relancée à partir de résidus horticoles, de matières issues de l’élevage et de l’entretien des espaces verts. Une manière de réutiliser les ressources du site tout en diversifiant les tâches proposées.

Cette organisation poursuit un objectif : permettre à chacun de progresser à son rythme et, lorsque cela est envisageable, de rejoindre le milieu professionnel ordinaire. Une démarche qui donne toute sa place à la dimension économique du travail. « On voit que le travail fourni, c’est utile. Ça sert à quelque chose. On ne travaille pas pour s’occuper », insiste le responsable.

À Cramans, les fleurs, les œufs ou les prestations d’entretien racontent ainsi une même réalité : celle de travailleurs dont les compétences se construisent et se reconnaissent à travers des activités concrètes.