
Le rendez-vous avait été anticipé. Son ampleur, beaucoup moins. Pour observer l’éclipse partielle de Soleil du 12 août, le club d’astronomie de Dole avait choisi de s’installer au Mont-Roland, avec une vue dégagée sur le phénomène. Sur place, six bénévoles et quatre instruments équipés attendaient les curieux. Des lunettes adaptées avaient également été commandées plusieurs semaines auparavant auprès de l’Association française d’astronomie, à laquelle le club est affilié.
Mais, à mesure que l’échéance approchait, Nicolas Rossetto a rapidement compris que la soirée dépasserait le cadre habituel des animations du club. Les sollicitations se sont multipliées, notamment pour trouver des lunettes devenues difficiles à dénicher. Le soir venu, la foule a confirmé cette impression. Sur les pentes où se trouvait le club, en direction de Sampans, son président estime qu’environ 2 000 personnes étaient présentes. D’autres groupes s’étaient installés ailleurs sur le Mont-Roland, tandis que les voitures s’étiraient le long des routes. « Nous, n’avons jamais vu ça » explique-t-il.
« On a été un peu dépassés par l’événement »
Habituellement, les rassemblements sont bien plus modestes. Lors de l’éclipse de 2015, le club avait accueilli entre 100 et 150 personnes. Cette fois, les lunettes proposées à prix coûtant ont été particulièrement recherchées. Une file d’attente de plusieurs centaines de mètres s’est formée. « On a été un peu dépassés par l’événement », reconnaît Nicolas Rossetto.
Les bénévoles ont donc dû s’adapter. Les lunettes ont été distribuées avec parcimonie afin de permettre au plus grand nombre d’observer le phénomène en sécurité. « On était six bénévoles sur site, quatre instruments équipés, donc ce n’était pas facile. » Malgré l’affluence, le président souligne la compréhension du public : « Je pense que les gens étaient bienveillants et se sont adaptés à la situation. »

De l’événement à la passion, un pas à franchir
Cette affluence traduit-elle pour autant un nouvel engouement pour l’astronomie ? Nicolas Rossetto reste mesuré. Selon lui, la forte médiatisation de l’éclipse a surtout créé un rendez-vous à ne pas manquer. Beaucoup ont attendu le maximum du phénomène, lorsque le Soleil était occulté à plus de 90 %, avant de repartir. D’autres sont restés pour observer les étoiles filantes, sans nécessairement se tourner vers les instruments du club.
« Là, on est plus dans l’événementiel », estime-t-il. Les vocations naissent davantage, selon lui, lors d’animations plus régulières où les échanges prennent le temps de s’installer. C’est tout le sens de l’activité du club, atelier de la MJC depuis 1995. Avec une quinzaine d’adhérents, il se réunit chaque vendredi hors vacances scolaires et multiplie les observations ouvertes au public, notamment lors des Nuits des étoiles.
Car derrière le spectacle d’une éclipse se cache un travail de transmission au long cours. « C’est peut-être plus comme ça que naît la curiosité pour l’astronomie », souligne Nicolas Rossetto, davantage convaincu par ces rencontres répétées que par les phénomènes extrêmement médiatisés « pour lesquels, le lendemain, on n’en parle plus ».























