Après une quinzaine d’années de présidence de Michel Dronier, Sandrine Perny prend les commandes de la Fédération jurassienne du commerce (FJC). Une fonction qu’elle accepte avec une ligne clairement définie. Faute de succession, certaines missions risquaient de revenir à la CCI. Or, rappelle-t-elle, « la Chambre de commerce n’a pas de rôle syndical à jouer. La FJC, oui ».
La nouvelle présidente entend désormais donner davantage de visibilité à cette fédération âgée d’une cinquantaine d’années. Et surtout agir rapidement. La FJC rassemble actuellement 15 unions commerciales sur 23, représentant environ 800 commerces. Sandrine Perny veut donc aller chercher celles qui restent et renforcer les missions historiques de la structure : « Il faut qu’on soit un soutien. »
Une attention particulière sera aussi portée aux professionnels ruraux, parfois seuls dans leur commune et sans union commerciale. « À qui ils parlent ? Qui va les aider, eux, tout seuls ? », interroge-t-elle. Son message à leur attention est clair : « Vous n’êtes pas tout seuls. Dans la mesure du possible, on vous aidera. » D’ici Noël, la présidente compte ainsi aller à la rencontre des acteurs de Dole, Saint-Claude, Champagnole ou encore des Rousses. « Chaque fois que vous avez une discussion, il en sort quelque chose. »
Une centrale d’achat d’énergie dès septembre
Le premier projet concret doit arriver rapidement. Dès septembre, la FJC souhaite lancer une centrale d’achat d’énergie. En regroupant plusieurs centaines de commerçants, Sandrine Perny évoque une économie potentielle estimée à environ 35 %. Elle vise 150 participants pour le premier volet. La démarche sera simplifiée au maximum : « Ils auront deux choses à nous donner. Une facture et une date de fin de contrat. C’est tout. »
Autre chantier : mieux faire connaître les aides existantes. Avec la préfecture et la CCI, elle souhaite créer un livret regroupant les dispositifs accessibles aux commerçants et artisans. Reports de paiement, aides ponctuelles ou accompagnements locaux : « Il faut qu’ils aient une petite bible de comptoir, un abécédaire », résume-t-elle. L’objectif ? Savoir rapidement « à quelle porte taper » lorsqu’une difficulté survient.
Sandrine Perny entend également porter des combats plus larges. Elle se dit notamment opposée à la facturation électronique pour les entreprises de petite taille, qu’elle juge chronophage et mal adaptée à leur quotidien. « On nous rajoute du travail, mais on n’est pas payés », dénonce-t-elle, estimant que « quand on est dans notre quotidien, tous les commerçants vous diront : c’est faux » lorsqu’on leur promet un gain de temps. Un sujet qu’elle envisage clairement de porter au nom de la fédération : « Ouais, je vais en faire des combats. »
Faire remonter les difficultés du terrain
Car la nouvelle présidente ne veut pas voir la FJC uniquement siéger dans les instances. « On y va parce qu’on a des choses à dire », assure-t-elle. Et même sans demande particulière, la fédération doit pouvoir être « force de proposition depuis le terrain ». Un rendez-vous a notamment été demandé au préfet après les difficultés de recrutement et les nombreuses absences signalées cet été.
Certains établissements ont dû réduire leurs horaires, voire fermer ponctuellement faute de personnel. Une situation qui frappe Sandrine Perny : « En 30 ans, je n’avais jamais entendu parler d’établissements qui allaient mettre la clé sous la porte parce qu’il n’y a pas de personnel. » Désormais, l’objectif sera de transformer ces remontées individuelles en réponses collectives. Une manière, là encore, de revenir au leitmotiv de cette nouvelle présidence : du concret.























