Après plus d’une décennie de tournée, le rideau s’apprête à tomber sur “Et pendant ce temps, Simone veille” ! Jouée depuis 2012, et mise en scène par Gil Galliot, la pièce ne connaîtra pas de nouvelle date après celle du 31 mai à la Commanderie de Dole. Une décision contrainte, liée à la disparition du producteur.
“Notre producteur a rejoint les étoiles, donc nous sommes orphelines et la tournée s’arrête” résume Fabienne Chaudat. Née à Dole et le cœur partagé entre le Jura et la Bresse, “j’aime à dire qu’elle est l’alliance entre le comté, la cancoillotte et le poulet de Bresse”, explique-t-elle. Fabienne Chaudat, pour finir cette belle aventure artistique et humaine, a tenu à organiser cette ultime représentation à la Commanderie, forte du succès d’il y a trois ans, avec le soutien de la mairie de Dole.
Une comédie engagée entre humour et mémoire
Écrite par l’autrice Trinidad, la pièce retrace l’évolution de la condition féminine à travers “trois lignées de femmes sur quatre générations” et un personnage extérieur qui veille.
Pour l’autrice, le ton humoristique est essentiel car “l’humour, c’est la gorgée d’eau qui fait passer le cachet” explique-t-elle. Une manière de traiter les sujets parfois lourds.
À l’origine du projet, une prise de conscience forte, suite à l’affaire Strauss-Kahn et la petite phrase de Jean François Kahn : “Ce n’est que le troussage d’une femme de chambre.” Et en est l’élément déclencheur dans l’esprit de l’autrice “Ce n’est pas possible qu’en France en 2011 on entende encore ça.”
Son objectif : transmettre, “il faut rappeler aux jeunes d’où on vient, pour éviter d’y retourner” insiste Trinidad. Un message que relaie Fabienne Chaudat en rappelant que certains droits sont récents, “jusqu’en 1965, il fallait l’autorisation du mari pour travailler”.
Une dernière symbolique à Dole
Depuis sa création, la pièce s’est imposée comme un succès populaire. Un engouement intergénérationnel. Des filles qui amènent leurs mères, des mères qui amènent leurs filles ou leurs fils, des épouses, leurs maris et inversement, car cette pièce s’adresse aussi aux hommes, étant mise en scène par Gil Galliot.
Malgré ce succès, la dernière représentation reste un pari, sans producteur la troupe doit assurer seule l’organisation et la communication. Elles comptent sur le soutien du chaleureux public dolois, déjà nombreux en 2023, pour réussir ce pari. “Ça a une saveur particulière, c’est un beau symbole de s’arrêter ici”, confie Fabienne Chaudat.
Et ça sera le 31 mai, à 18 h 30, jour ô combien symbolique de la fête des mères, que la Commanderie accueillera cette ultime date.
Une dernière occasion pour le public de découvrir ou redécouvrir un spectacle, qui pendant plus de dix ans, aura mêlé humour et mémoire et tenté de transmettre une histoire encore trop méconnue.






















