Dossier de la semaine. « Les abandons peuvent être évités » : les refuges accueillent toujours plus d’animaux à l’été

Selon l'association Stéphane Lamart, 335 258 animaux ont été abandonnés et pris en charge en 2025 en France. Localement, à la SPA de Beaurepaire-en-Bresse ou à l'APA de Morez, le constat est unanime : les abandons augmentent pendant la saison estivale et les refuges ne peuvent plus suivre.

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abandons animaux Beaurepaire
Laëtitia Castille est la responsable de la SPA de Beaurepaire-en-Bresse depuis février.

À la SPA de Beaurepaire-en-Bresse, les années se suivent et se ressemblent. La saisonnalité des abandons est un phénomène auquel la responsable Laëtitia Castille doit faire face : « C’est comme ça dans tous les refuges partout en France. Du milieu du printemps jusqu’à la fin de l’été, il y a beaucoup de prise en charge et peu d’adoption ». Au refuge bressan, une soixantaine d’animaux sont accueillis, avec des rats, des souris, des coqs mais surtout des chats et des chiens. Ces derniers sont ceux qui sont les plus abandonnés en ce moment, avec une quinzaine d’animaux sur liste d’attente.

À Morez, l’Association protectrice des animaux (APA) dispose d’une capacité d’accueil plus réduite, mais les animaux sont généralement adoptés rapidement. Les animaux sous procédure judiciaire font figure d’exception. « Il y a également les chiens catégorisés qui restent plus longtemps. Cela nécessite une formation et les gens appréhendent encore », indique la bénévole Laure Caloux. Les chats représentent l’essentiel des prises en charge estivales. « En général, on ne garde pas beaucoup de chatons l’été, ils sont vite adoptés. Les plus âgés trouvent aussi une famille dans l’année. Les plus “sauvages”, eux, sont relâchés après une période de quarantaine, une fois vaccinés et stérilisés », explique-t-elle.

Chien en refuge SPA derrière grille, regard triste
Une quinzaine de chiens sont sur liste d’attente d’abandons à la SPA de Beaurepaire-en-Bresse.

« Il faut garder à l’esprit que l’animal va grandir »

Du côté de Beaurepaire, les motifs d’abandons peuvent être variés, selon Laëtitia Castille : « Il y a beaucoup de séparation de propriétaires, mais aussi le manque de moyens. Pour les chats, il y a un gros problème de stérilisation. C’est un budget mais cela évite énormément de désagréments, on peut fournir des aides en tant qu’association ». Dans les adaptations de la loi, certains préconisent la stérilisation obligatoire. Laëtitia Castille, elle, pointe le manque d’accompagnement des mairies : « Dans la gestion des chats errants, l’État devrait leur fournir une liste de devoirs. De notre côté, on peut leur dispenser des formations ». Pour les particuliers, la responsable rappelle la nécessité de la sensibilisation : « Il faut garder à l’esprit que l’animal va grandir. La plupart des gens qui abandonnent ne le font pas de gaieté de cœur, mais on a des abandons qui peuvent être évités. En cas de problème de comportement, on peut faire appel à des spécialistes ».

À Morez, la période des vacances se traduit aussi par une hausse des signalements de chiens perdus, notamment autour du lac de Vouglans. Lorsqu’ils sont identifiés, leurs propriétaires sont généralement retrouvés en moins de 24 heures. « On n’a jamais eu de touristes qui sont partis sans venir récupérer leur chien », conclut Laure Caloux.

Bâtiment de refuge animalier avec clôture en extérieur
L’APA permet à des volontaires de promener les chiens, hors canicule.

Les abandons en quelques chiffres

En 2025, plus de 335 258 animaux ont été pris en charge par les refuges et associations françaises, dont 285 981 chats et 49 277 chiens, selon les données d’ICAD citées par l’association Stéphane Lamart. Cela représente l’équivalent d’un animal toutes les 94 secondes, jour et nuit, tout au long de l’année. Celle-ci fait aussi état de plus de 517 000 chats libres sur le territoire national, des chats initialement errants ayant été stérilisés et identifiés. L’association milite pour l’établissement de statistiques départementales précises, afin d’offrir un aperçu localisé pour lutter contre les abandons.