Dole. « Il faut savoir s’imposer » : un après-midi pour casser les clichés sexistes dans le BTP

À Dole, mardi 21 avril, dans les futurs locaux du restaurant Iida-Ya, un après-midi dédié aux « Femmes dans le BTP » a mis en lumière des parcours encore trop rares, mais de plus en plus visibles dans un secteur en mutation.

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Un temps d'échanges où cinq jeunes femmes ont pu présenter leurs parcours dans un milieu, très fortement composé d'hommes.

Dans un bâtiment en chantier, symbole parfait du thème abordé, étudiantes, apprenties et professionnelles se sont succédé pour témoigner, mardi 21 avril. En ouverture, le sous-préfet Hugues Alladio a rappelé les enjeux : « Longtemps considéré comme un secteur masculin, le bâtiment et les travaux publics évoluent progressivement vers plus de diversité. » Un mouvement engagé mais encore fragile, puisque les femmes ne représentent aujourd’hui que 13,6 % des effectifs, contre 8,6 % en 2000. « Encourager la mixité, ce n’est pas seulement une question d’égalité, c’est une nécessité pour renforcer la profession », a-t-il insisté.

Des parcours variés, souvent inattendus

Face à lui, plusieurs jeunes femmes venues raconter leur expérience, parfois loin des trajectoires classiques. Maud, en formation peinture, décrit un métier « où les tâches sont variées », entre isolation, revêtements et finitions. Une diversité qui l’a convaincue de s’engager dans cette voie.

À ses côtés, Sarah incarne la reconversion. Ancienne aide-soignante, elle s’est tournée vers le bâtiment après avoir rénové sa maison : « J’ai eu le goût des travaux, l’envie d’entreprendre ». Désormais auto-entrepreneuse, elle met en avant la dimension créative de son activité, « le choix des matériaux, le conseil, l’aménagement intérieur ».

D’autres parcours confirment cette pluralité. Marilyne, aujourd’hui en atelier de conception après plusieurs diplômes, souligne « un vrai travail d’équipe » dans son entreprise. Clémence, 15 ans, apprentie maçonne, évoque la satisfaction concrète du métier : « On part des fondations et on voit le bâtiment se construire petit à petit ». Une fierté partagée par beaucoup : celle de laisser une trace tangible.

S’imposer dans un univers encore masculin

Si les vocations existent, les obstacles persistent. « Au début, ça fait bizarre, il faut faire sa place », confie Maud. Le regard des autres, parfois étonné, accompagne encore leur arrivée sur les chantiers. « Maintenant, pour moi c’est normal, mais ce sont les hommes qui sont surpris », ajoute-t-elle.

Les témoignages convergent sur certaines difficultés, notamment face à des attitudes encore marquées par les stéréotypes. Constance, 21 ans, conductrice de travaux, évoque la nécessité de s’affirmer : « On ne va pas forcément nous écouter au début, surtout à mon âge. Il faut s’imposer ». Elle pointe des résistances générationnelles : « Les 35-50 ans, c’est plus compliqué ». Un constat partagé par d’autres intervenantes, qui évoquent remarques sexistes ou manque de confiance dans leurs compétences.

Pour autant, toutes insistent sur une évolution en cours. Les jeunes générations semblent plus ouvertes, et certains collègues jouent un rôle de soutien. « Il y a ceux qui encouragent, et ça fait du bien », résume une participante.

Au-delà des difficultés, c’est la passion du métier qui domine. « Une femme dans le BTP, pourquoi pas ? », lance Sarah, invitant d’autres à franchir le pas. Un message qui résonne avec l’objectif de cet après-midi : faire évoluer les représentations et susciter des vocations, dans un secteur en quête de renouvellement.