Invité de la semaine. Conseiller municipal, président de la FNCC : Jean-Philippe Lefèvre, la culture sur tous les fronts

Conseiller municipal à Dole, Jean-Philippe Lefèvre est aussi président de la FNCC, une fédération qui réunit près de 500 collectivités et fait le lien entre les élus locaux et le ministère de la Culture. Une double casquette entre action de terrain et influence nationale.

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Jean-Philippe Lefèvre, des ministères parisiens à sa délégation à la culture dans la cité de Pasteur.

À Dole, il pense programmation et patrimoine. À Paris, il négocie, débat et arbitre. Jean-Philippe Lefèvre mène une double vie d’élu culturel, entre projets locaux et coulisses nationales, via son rôle de président de la FNCC.

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Dans la cité de Pasteur, il est en charge de la valorisation des patrimoines et de la saison de musique classique, il imagine, développe et défend les projets culturels de la ville. Mais son influence dépasse largement les frontières jurassiennes.

Depuis plusieurs années, il préside la FNCC, la Fédération nationale des élus à la culture des collectivités. Une structure née dans les années 1960 et devenue aujourd’hui un acteur clé du paysage culturel français. « C’est une fédération d’élus », résume-t-il. Elle rassemble environ 500 collectivités, des petites communes rurales aux grandes métropoles, en passant par les départements et les régions.

Son rôle est multiple : représenter les élus auprès du ministère de la Culture, faire circuler les idées, accompagner les politiques culturelles locales et former les élus. « Quand le ministère de la Culture a besoin de connaître le sentiment des élus locaux, il se tourne vers nous », explique-t-il. Un rôle d’interface qui place la FNCC au cœur des décisions.

Une culture très politique

Mais derrière cette mission se cache une réalité plus complexe. « C’est une fédération qui est très politique », reconnaît Jean-Philippe Lefèvre. À la FNCC, toutes les sensibilités cohabitent, s’en amuse ce dernier, « Aujourd’hui, moi, j’ai tout. J’ai des divers centres, des super centres, des très à gauche, des un peu beaucoup à droite… »

Le président doit composer avec cet équilibre fragile, entre débats d’idées et rapports de force. « Sauf que, c’est quoi la droite, c’est quoi la gauche ? », s’amuse-t-il. Une manière de rappeler que, dans le domaine culturel, les lignes sont parfois plus floues qu’ailleurs.

Cette position lui permet aussi de jouer un rôle de facilitateur pour les territoires. À Dole, les projets bénéficient parfois directement de ce réseau. Résultat : certains financements, difficilement accessibles autrement, peuvent être débloqués.

De Dole aux réseaux nationaux

Jean-Philippe Lefèvre ne cache pas son attachement à cette fonction. « C’est une vraie passion », assure-t-il. Car au-delà de la représentation, la FNCC est aussi un lieu d’échange et d’inspiration. « C’est l’endroit des échanges, c’est l’endroit de la boîte à outils, où chaque élu, de n’importe quel type de collectivités peut venir piocher des idées ».

Une philosophie qu’il applique directement à Dole. Certaines initiatives locales sont issues d’idées repérées ailleurs, lors de ses déplacements ou de ses formations. Car la fédération joue aussi un rôle pédagogique important, avec des sessions dédiées aux élus. « On ne parle pas à un élu comme on parle à un directeur de théâtre », insiste-t-il.

Au fond, Jean-Philippe Lefèvre incarne une forme de trait d’union. Entre une ville moyenne et les grandes institutions, entre les idées et leur mise en œuvre. Un équilibre qu’il cultive avec énergie, convaincu que la culture se construit autant sur le terrain que dans les réseaux.