
Dans une odeur de peinture fraîche et avec les sourires du travail accompli, les nouveaux locaux de l’École de la deuxième chance (E2C) d’Oyonnax ont été inaugurés mardi 14 avril au matin. La directrice, Fatia Lamim-Collomb, a salué tous les participants du chantier qui s’est déroulé début février : « C’est vraiment le fruit d’un travail collectif. L’ensemble des jeunes de l’E2C ont été acteurs, notamment dans le choix des couleurs. Et sept jeunes ont participé directement, en faisant la peinture ou en montant des meubles ». Actuellement, 30 jeunes sont accompagnés par l’École, dans un processus d’insertion qui dure sept mois, avec plusieurs parcours : le parcours FLE (français langue étrangère) destiné aux allophones, le parcours classique, destiné aux jeunes sans emploi ni formation, ou le parcours TIG (travaux d’intérêts généraux), dans lequel les jeunes accomplissent leurs mesures judiciaires le matin, et sont suivis par l’E2C l’après-midi.

Du choix des matériaux à la comptabilité
120 jeunes sont suivis chaque année, la majorité d’entre eux venant de la mission locale. L’intérêt étant de responsabiliser les personnes accompagnées, c’est logiquement que l’E2C a inclus les jeunes dans son projet de rénovation. « Ils ont participé dans le choix des matériaux jusqu’à la finalisation, en passant par de la comptabilité, en touchant même aux devis », a salué la sous-préfète Karine Garcin-Escobar. « C’est la preuve qu’on peut reprendre en main son destin. Ici, on ne laisse aucun jeune sur le bord de la route. On ne juge pas les parcours, on les reconstruit. On ne pointe pas ce qui manque, on révèle ce qui existe », a-t-elle rappelé. Yannick Cabral, de l’entreprise Briset Cabral qui a réalisé les travaux, est également allé dans ce sens : « Ils ont fait du bon boulot, avec beaucoup d’écoute. Je leur dis ne lâchez pas, avec votre comportement, vous allez trouver ce que vous cherchez ».

Le dirigeant de l’entreprise basée à Groissiat prendra notamment un des jeunes qui a travaillé sur le projet, Kenvan, en alternance en septembre prochain. Les six autres ont pu également partager leur parcours, leur expérience des travaux et leur projet professionnel. Mohamed et Mohamed-Amin, tous les deux 20 ans et tunisiens, étaient chargés du montage des meubles. « On a construit six tables, six tiroirs, un casier et quatre porte-documents. Moi, je suis là pour m’intégrer dans la société française et maîtriser la langue », a indiqué le second, qui souhaite s’orienter vers un BET génie mécanique.
Lionel, 19 ans, cap-verdien habitant Nantua qui veut travailler dans l’informatique, Syart, 17 ans, albanais ayant trouvé un stage dans le domaine de la peinture, Sarah, 19 ans, qui souhaite s’orienter vers le domaine médical et Kenvan, formaient l’équipe dédiée à la peinture. « On a d’abord protégé l’espace, puis mélangé, dilué, commencé à peindre par le centre, puis on a tout nettoyé », a expliqué Sarah. Les trois nouvelles salles, financées par la fondation du BTP, seront désormais un atout de poids pour l’E2C, afin de toujours mieux intégrer les jeunes du bassin oyonnaxien.























