Lons-le-Saunier. Paul-Henri Bard tourne la page après 34 ans

Secrétaire général de la CAPEB Jura, Paul-Henri Bard a quitté ses fonctions ce lundi 13 avril. Pendant plus de trois décennies, il a œuvré dans l’ombre pour accompagner et défendre les artisans du bâtiment. Il s’apprête désormais à poursuivre cet engagement à l’échelle nationale.

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Figure de l’artisanat local, Paul-Henri Bard a longtemps œuvré au sein de la CAPEB Jura pour soutenir les entreprises du bâtiment.

Ce lundi 13 avril marque un tournant pour Paul-Henri Bard. Après plus de trois décennies passées au service de l’artisanat jurassien, le secrétaire général de la CAPEB Jura quitte ses fonctions. « Aujourd’hui, ma successeuse prend le relais », glisse-t-il simplement, évoquant l’arrivée de Coralie Parent.

Son parcours débute en 1992. Il n’a alors que 26 ans. « J’étais un des plus jeunes secrétaires généraux. Les autres avaient 50 ans, en costume-cravate », se souvient-il. Très vite, il s’inscrit dans la durée. Il enchaîne les responsabilités, de la CAPEB à la Chambre de métiers, jusqu’à l’échelle régionale. Pourtant, le terrain lui manque. « J’étais moins au contact des artisans ». Il revient donc dans le Jura en 2016.

Au total, il revendique « 34 ans au service de l’artisanat », dont plus de la moitié dans le bâtiment. Une fidélité assumée. « C’est une vie dévouée aux artisans », résume-t-il, sans détour.

Des combats collectifs et des avancées marquantes

Au fil des années, Paul-Henri Bard traverse de nombreuses mobilisations. Certaines restent gravées. « En 1994, on est descendus dans la rue pour la TVA à taux réduit. Il y avait 700 artisans ». Une lutte structurante pour la profession. Quelques années plus tard, une autre action frappe les esprits. « On a déposé mille tonnes de déchets devant la préfecture », raconte-t-il, évoquant la crise des déchets inertes.

Mais au-delà des coups d’éclat, c’est le quotidien qui domine. « On avait 600 artisans adhérents. Tous avaient des problèmes. On essayait de les aider ». Le rôle de secrétaire général reste discret. « On est les hommes de l’ombre. On met en œuvre les décisions des élus ». Une fonction d’appui, mais essentielle.

Les évolutions sont aussi sociétales. « Avant, l’entreprise était toute la vie. Aujourd’hui, les artisans cherchent un équilibre ». Un changement profond, qu’il observe avec nuance. « Il y a aussi une forme de désengagement », estime-t-il.

Un nouveau défi à Paris

À 60 ans, Paul-Henri Bard fait un choix inattendu. Plutôt que de terminer sa carrière dans le Jura, il part à Paris. Il devient secrétaire général de la CNATP. « Je veux continuer à faire avancer les choses, mais à un autre niveau ». Son objectif est clair. « Faire comprendre ce qu’est vraiment l’artisanat » au niveau national.

L’engagement reste intact. « Il faudra être pugnace, imaginatif ». Le rythme aussi. « Ce sera une vie très prenante, sans concession ». Pourtant, il assume pleinement ce virage. « J’ai fait ce que je pouvais ici ».

Avant de partir, il délivre un message. « Seul, on n’est jamais gagnant. Il faut se rassembler ». Il insiste sur les valeurs collectives. « L’ensemble est plus important que tout ». Et de conclure, avec une pointe d’attachement local : « Le Jura, c’est petit mais uni. C’est sa force ».