Basket-ball. « Sans eux, on n’aurait jamais pu sauver le club » : les bénévoles de l’ALL témoignent

En difficultés financières depuis trois ans, l'ALL Jura Basket a su se maintenir à haut-niveau, en attirant plus de 300 licenciés et en organisant toujours plus d'animations. Ce succès s'est construit grâce à une mobilisation impressionnante des bénévoles, qui regrettent néanmoins un saut générationnel.

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bénévoles du club basket
Ghislain Buatois et Virginie Martel sont bénévoles à l'ALL Jura Basket depuis plus de 30 ans.

Ghislain Buatois et Virginie Martel sont bénévoles à l’ALL Jura Basket depuis respectivement plus de 40 ans et plus de 30 ans. L’un “arbitrait déjà étant gamin” quand l’autre “entraînait des petites en n’étant même pas majeure”. Ces deux parcours illustrent la mobilisation sans faille des bénévoles, qui couvrent une large palette de compétences indispensables à la vie du club basé à Lons-le-Saunier.

“On est plus d’une centaine sur l’organisation de grands évènements et une cinquantaine pour la vie courante. Il y a les fonctions dirigeantes bien sûr, mais aussi les installateurs et les rangeurs de salle, les chauffeurs de bus, ceux qui font du soutien scolaire, le speaker, les personnes à la buvette et à la restauration…”, liste Ghislain Buatois. “Sans oublier la partie secrétariat et comptabilité, ajoute Virgine Martel.

Plus que deux salariés à plein temps : les bénévoles compensent

Toute cette force active, qui ne compte pas ses heures pour la vie du club, s’est particulièrement mobilisée depuis trois ans, avec l’apparition des difficultés financières. “Sans l’apport des bénévoles, on n’aurait jamais pu sauver le club. On ne sait pas encore s’il existerait”, tranche Ghislain Buatois. En effet, l’ALL a dû se séparer de nombreux managers et entraîneurs, qui pesaient trop sur les finances : les postes salariés à temps plein sont ainsi passés de six à deux aujourd’hui.

“Des entraîneurs bénévoles ont pris la place de salariés. Et on a multiplié les évènements pour faire rentrer de l’argent dans les caisses du club”, explique Virginie Martel. Ainsi, entre le loto de novembre, l’apéro papillote pour Noël, ou le tournoi 3X3 Fluo qui s’est déroulé pour la première fois en janvier, l’ALL Basket renforce ses animations. “On essaie aussi de dynamiser la buvette, en trouvant des thèmes, que ce soit Octobre Rose, Movember ou la Saint-Patrick”, ajoute la bénévole.

Cependant, cet engagement quotidien a un coût et les bénévoles font part d’un certain “essoufflement” face au manque de renouvellement. “Il y a clairement un saut générationnel. Les personnes de 20-30 ans, on a du mal à les faire s’investir. Ils viennent consommer leur passion sans forcément participer à la vie du club”, note Virginie. “C’est le cas partout, dans tous les clubs. Il y a une légère lassitude des mêmes personnes, alors que, s’engager en tant que bénévole, cela créé des liens, c’est une deuxième famille, indique Ghislain.

La demande d’encadrement en hausse

Les bénévoles de l’ALL Basket lancent donc un nouvel appel à la mobilisation, également face à une demande d’encadrement toujours plus importante. “On a plus de 300 licenciés, on a presque trop de succès. On a été obligés de refuser certains enfants face au manque de salles ou de personnel. Au basket, on peut faire une équipe dès trois joueurs. Cela demande encore plus d’encadrement, encore plus de travail par rapport au foot ou au rugby par exemple”, explique Ghislain Buatois.

Mais l’ALL peut compter sur une équipe bénévole encore solide, qui multiplie les initiatives, comme la création cette année d’un groupe de pom-pom girl avec l’équipe U 11, ou encore la grande soirée dansante du club, prévue le 30 mai prochain.