Nozeroy. À l’Ehpad, le lien social au cœur du quotidien

Entre musique, échanges et moments partagés, l’Ehpad de Nozeroy mise sur des ateliers pour faire vivre ses résidents au rythme de leurs envies. Une approche humaine, où l’autonomie passe aussi par le plaisir d’être ensemble.

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À travers des ateliers comme la musicothérapie, la socio-esthétique ou l’art-thérapie, les résidents se retrouvent, échangent et entretiennent leurs capacités dans une ambiance conviviale.

À Nozeroy, l’Ehpad ne se résume pas à des soins. Ici, la vie continue, autrement. Dans les couloirs, certains discutent. D’autres attendent une activité. Au centre, un espace fait office de cœur battant. “J’aime l’appeler la place du village”, confie Catherine Poinot, cadre de santé. “Les résidents s’y retrouvent, mettent de la musique ou discutent simplement.”

Depuis plusieurs mois, l’établissement développe une série d’ateliers thérapeutiques. Musicothérapie, art-thérapie, socio-esthétique : ces projets s’inscrivent dans une action de prévention de la perte d’autonomie. Deux axes guident leur mise en place : le lien social et la prévention santé. “L’idée, c’est de maintenir leurs capacités, mais aussi de créer du collectif.”

Et les résidents répondent présents. Près de 85 % participent aux activités proposées. Un chiffre qui témoigne d’un réel engagement. “Ce sont des temps attendus. Certains s’organisent même autour de ça.” Mais ici, rien n’est imposé. “Ça reste de grandes personnes. Ils viennent s’ils en ont envie.”

Des ateliers encadrés et en évolution

Ces ateliers ne doivent rien au hasard. Ils s’inscrivent dans un cadre structuré, avec des intervenants extérieurs. Chaque séance fait l’objet d’un compte rendu. “Les thérapeutes rédigent un rapport à chaque fois. Ça nous permet de suivre l’évolution et d’ajuster.”

La musicothérapie, reconduite pour une deuxième année, illustre cette dynamique. Les résidents écoutent, chantent, parfois bougent en rythme. “Ça stimule leur mémoire et leurs gestes. Et puis, ça favorise les échanges.” L’art-thérapie et la socio-esthétique viennent compléter cette approche, en travaillant autrement le rapport au corps et à l’expression.

Un nouvel appel à projets doit être lancé pour la seconde partie de l’année. L’objectif est clair : renouveler et diversifier les propositions. “On cherche toujours à s’adapter à leurs envies et à leurs besoins.”

Le lien social comme fil conducteur

Derrière ces initiatives, il y a aussi un cadre réglementaire. Chaque résident bénéficie d’un projet d’accompagnement personnalisé (PAP). Il est construit dès la pré-admission. “On recueille leurs habitudes, leur histoire, leurs envies.” Le projet évolue ensuite avec eux.

Les objectifs varient selon les personnes. Parfois simples. Parfois plus complexes. “Pour certains, c’est aller boire un thé en ville. Pour d’autres, c’est reprendre contact avec un proche.” Comme cet homme qui a retrouvé sa sœur après des années. “Quand il a reçu une réponse, il était tellement heureux.”

L’Ehpad s’ouvre aussi vers l’extérieur. Des projets sont en discussion avec le collège voisin. Chorale, bibliothèque… Les idées ne manquent pas. Des rencontres avec des enfants sont déjà organisées avec une association d’assistantes maternelles. “Les résidents adorent rencontrer des plus jeunes.”

Au quotidien, la vie s’organise librement. Certains ont leurs rituels. D’autres préfèrent l’imprévu. “Il y a toujours du mouvement. Il y a de la vie.” Une manière de changer le regard. “Je ne veux pas qu’on garde l’image d’un lieu où l’on attend la mort.” Ici, au contraire, chacun continue d’écrire son histoire.