La première édition fut audacieuse, en pleine crise du COVID-19 et de ses restrictions en 2020.
La seconde fut une confirmation pour les éducateurs sportifs de l’Espace Ô qu’un tel événement au cœur du Jura avait toute sa place. “On a proposé le projet à d’autres entités, mais elles n’ont pas accroché, donc on s’est dit qu’on allait le faire avec nos propres moyens”, se souvient le directeur de course Simon Carrara.
Au rythme des sommets gravis année après année, l’ascension de l’UTMJ n’a jamais cessé depuis, au point d’atteindre son point culminant en 2025 avec 10 000 inscrits. “On est désormais parmi les plus gros événements de ce type en France. On s’était fixé cet objectif, on souhaite désormais rester à ce niveau chaque année”, se satisfait le directeur Éric Picot.
À cela s’ajoute l’UTMJ Kids et son millier d’enfants attendus lors des épreuves finales.
“30 % des coureurs ignoraient l’existence des Rousses avant l’UTMJ”
Nombreux sont ceux à inscrire dans leur calendrier ce rendez-vous sportif planifié le premier week-end d’octobre. “Une trentaine d’associations se greffent à l’organisation, c’est le symbole d’un territoire qui a compris l’importance d’un tel événement”, souligne Sébastien Populaire, maire du Touillon-et-Loutelet et président de l’office du tourisme du Haut-Doubs.
Du 1er au 4 octobre, le taux de remplissage des établissements touristiques oscillera entre 90 et 100 %, quand les retombées économiques, elles, sont estimées entre 3 et 4 millions d’euros sur l’ensemble du massif jurassien.
Si 34,2 % des coureurs sont originaires de Bourgogne-Franche-Comté, les visiteurs du territoire promettent de revenir. “On réalise des questionnaires auprès de tous nos inscrits. 40 % d’entre eux ne connaissaient pas Métabief avant de venir à l’UTMJ, 30 % ignoraient l’existence de la station des Rousses, quand plus de 85 % assurent revenir un week-end pour profiter du territoire. Ce sont des éléments factuels qui parlent d’eux-mêmes”, appuie Éric Picot.
Chez les traileurs aussi, l’UTMJ est coché au calendrier, malgré une concurrence forte de l’UTMB ou du Festival des Templiers.
Au moment de présenter cette édition 2026 ce mardi 10 mars, les champions des éditions précédentes se muent volontiers en ambassadeurs d’une course “où règne un esprit familial et chaleureux”, résume Manon Charpy, vice-championne de France de trail et 2e femme de la Franco-Suisse (105 km) l’an passé.
“Les paysages sont magnifiques, mais il y a aussi beaucoup de secteurs roulants, où l’on peut développer sa course”, ajoute Jean-Marie Thévenard, vainqueur de l’épreuve reine (175 km) en 2025. Cette année, le champion arpentera les sentiers pour baliser les épreuves, aux côtés des organisateurs.
Jules Gerber, Dimitri Morel-Jean, Mathilde Duchaussoy ou encore Céline Carez : tous partagent désormais cet “amour” des montagnes du Jura.
300 kilomètres en équipe « pour couvrir tout le massif »
Pour entretenir cette flamme, Éric Picot et son équipe préservent un territoire en conservant les mêmes parcours, avec toutefois une nouveauté : la Jurassienne. 300 kilomètres au départ de Culoz, dans l’Ain, 13 000 mètres de dénivelé positif à gravir en équipe de quatre à six relayeurs. “On cherchait à représenter toutes les parties du massif jurassien, qui est très vaste et s’y prête bien. Ça nous offrait aussi l’opportunité de nous démarquer par rapport aux autres événements, où les formats 160 kilomètres se multiplient”, commente Simon Carrara.
L’organisation se prépare à accueillir jusqu’à 30 000 personnes sur ce week-end et multiplie les initiatives hors course, notamment à l’arrivée à Métabief. Chapiteaux, animations, boutiques, restauration : il en faut « pour tout le monde », répète Éric Picot.
“La compétition est une chose, mais le trail est un sport épicurien. Ces paysages, cette atmosphère, j’y suis très attaché”.


























