Jura. Contrôles renforcés autour des armes, de l’alcool et des produits stupéfiants

Dans le Jura, un dispositif de contrôles renforcés vise à protéger pistes et écoles contre alcool, armes et produits stupéfiants.

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contrôles stupéfiants sur les pistes du Jura
La présence des forces de l’ordre vise avant tout à prévenir les comportements à risque en période de forte affluence.

Sur les pistes du Jura, la présence des forces de l’ordre ne passe pas inaperçue. En cette période de vacances d’hiver, un important dispositif de contrôles a été mis en place afin de lutter contre la consommation d’alcool et de stupéfiants. Ce dimanche 22 février, à Prémanon, une opération avait lieu à la station des Jouvencelles. “On a beaucoup de touristes qui arrivent et beaucoup qui repartent, y compris des visiteurs suisses. Ce sont des moments sensibles”, explique le préfet du Jura, Pierre-Édouard Colliex, venu observer une opération sur le terrain.

L’objectif est clair : rappeler que les stations ne sont pas des zones de relâchement. “Il peut parfois y avoir l’impression que les gendarmes sont loin, que l’on peut faire un peu ce que l’on veut. Ce n’est pas le cas”, insiste le représentant de l’État. La priorité reste la sécurité, dans un environnement très familial. “On a beaucoup d’enfants sur les pistes. La consommation de stupéfiants crée des risques importants, liés au manque d’attention”, souligne-t-il.

Gendarmes de montagne et moyens spécialisés mobilisés

Pour assurer ces contrôles, les brigades locales sont renforcées par le peloton de gendarmerie de haute montagne. Des militaires spécialement formés, capables d’intervenir directement sur les pistes. “La gendarmerie doit pouvoir aller partout, en tout temps”, rappelle le chef d’escadron Perget. “Nos personnels sont formés au ski et aux interventions en milieu technique.”

Au pied des pistes, les équipes cynophiles, venues de Valdahon, prennent le relais. Deux chiens spécialisés participent aux opérations. “Le chien nous apporte une vraie plus-value. Il permet de détecter ce que l’humain ne peut pas toujours repérer”, explique le maître-chien. Formés au Centre national d’instruction cynophile, ces animaux interviennent sur les parkings comme dans les zones de passage. “Pour lui, c’est un jeu. Pour nous, c’est un outil très efficace.”

Les contrevenants s’exposent à une amende forfaitaire délictuelle de 200 euros, voire à des poursuites judiciaires. “Les consommateurs alimentent les trafics. Sur ce point, nous serons intraitables”, prévient le préfet.

Un contrôle efficace au CFA de Gevingey

Pour réprimer les consommateurs, une deuxième opération était organisée ce mardi 24 février, cette fois dans un établissement scolaire, avec des enjeux différents présentés par la directrice du CFA de Gevingey Valérie Boubet : “Nous sommes un établissement de formation, il y a donc des jeunes salariés. Il s’agit de déclencher une prise de conscience pour ceux qui consommeraient en situation de travail, qu’ils comprennent que c’est un risque pour leur intégrité physique et celle des autres.” Ainsi, Nasco, chien Sambi (Stupéfiants, Armes, Munitions et Billets) de la brigade cynophile de Valdahon, a fouillé en premier lieu l’atelier mécanique.

Contrôle par une brigade cynophile en salle de classe dans le Jura pour lutter contre alcool et stupéfiants.

Cinq salles de classe ont été contrôlées en tout par les huit gendarmes présents pour l’opération. Dans l’une d’entre elles, un gramme de résine de cannabis a été trouvé dans la poche d’un élève. “Lorsque cela arrive, il y a systématiquement exclusion”, précise la directrice. “Elle peut être d’une semaine ou définitive, cela dépend des antécédents disciplinaires. Il peut aussi s’agir d’une mise à pied, sans remettre en cause le passage de l’examen. L’objectif n’est pas de mettre en péril deux ans de formation.”

Internat de l’établissement scolaire contrôlé pour la présence de stupéfiants et armes dans le Jura.

Après les salles de classe, l’internat de l’établissement a également été fouillé. “C’est un espace qu’on n’avait encore jamais contrôlé”, indique la Conseillère Principale d’Éducation Caroline Cauquil. “On le fait car j’aimerais bien savoir s’ils prennent des trucs le soir.” Lors du contrôle, aucun stupéfiant n’a été trouvé, simplement un pochon avec une forte odeur qui a pu être utilisé pour le transport par le passé. En revanche, une bombe lacrymogène de défense a été saisie au sein de l’internat filles. S’agissant d’une arme de catégorie D incapacitante, l’élève sera entendue dans le cadre d’une enquête. D’autres opérations de ce type auront lieu sur le territoire, d’ici à la fin de l’année scolaire, pour réprimer la consommation et faire de la prévention.