Série d’été (5/5) Les plus … du Jura : Le crêt Pela, le sommet le plus élevé

Du plus petit village au plus haut sommet, partez à la découverte des « plus » qui font la richesse et les singularités du Jura. Aujourd'hui, cap sur le Crêt Pela, point culminant du département.

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Crêt Pela sommet plus élevé Jura
Le Crêt Pela culmine à 1 495 mètres, au cœur de la forêt du Massacre.

Le plus haut sommet du département du Jura ne cherche pas à attirer les foules. À 1 495 mètres d’altitude, le Crêt Pela domine la forêt du Massacre, au cœur du Parc naturel régional du Haut-Jura. Pourtant, ici, le véritable record n’est pas seulement celui de l’altitude. C’est aussi celui d’un patrimoine naturel parmi les plus sensibles du département.

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Car derrière les paysages se cache une biodiversité exceptionnelle. Le Crêt Pela est situé au cœur d’un Arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB), créé pour préserver plusieurs espèces particulièrement sensibles au dérangement humain. « Il protège les habitats des forêts d’altitude et les espèces qui y vivent », explique Julien Ruelle, chargé de mission loisirs et sports de nature au Parc naturel régional du Haut-Jura.

Le grand tétras en est l’emblème. Mais il n’est pas seul. Chouette de Tengmalm, chevêchette d’Europe ou encore lynx fréquentent également ces forêts. « Les périodes les plus sensibles sont l’hiver et le printemps. L’hiver, les animaux dépensent énormément d’énergie pour survivre. Au printemps, ils élèvent leurs jeunes », rappelle Julien Ruelle. C’est pourquoi, du 15 décembre au 30 juin, la circulation est limitée aux itinéraires autorisés dans plusieurs secteurs du massif.

La nature avant le sommet

Pour le chargé de mission, le message est simple : la montagne reste accessible, mais elle impose quelques règles. « L’objectif n’est pas d’interdire la nature. C’est de permettre aux espèces de conserver des espaces de tranquillité aux moments où elles en ont le plus besoin. » Une invitation à adapter ses pratiques plutôt qu’à renoncer à la découverte.

Cette protection est d’autant plus importante que le massif attire de nombreux visiteurs, été comme hiver. « Le Crêt Pela est parcouru par des promeneurs, des sportifs, des naturalistes… Il faut réussir à concilier ces usages avec la préservation de la faune », souligne Julien Ruelle. Ici, le silence fait partie du paysage, au même titre que les épicéas ou les lapiaz.

Le sommet rappelle ainsi qu’un espace naturel ne se résume pas à son panorama. Les plus beaux souvenirs ne sont pas toujours ceux que l’on rapporte en photo, mais parfois ceux que l’on laisse intacts derrière soi.

Fiche d'information au Crêt Pela sommet plus élevé Jura
Le grand tétras figure parmi les espèces protégées du massif.

Une forêt marquée par l’Histoire

Le Crêt Pela domine également un massif dont le nom intrigue : la forêt du Massacre. Avant de porter cette appellation, elle s’appelait la forêt de la Frasse. Tout bascule en 1535. Cette année-là, François Ier envoie 600 mercenaires italiens secourir Genève, assiégée par les troupes du duc de Savoie. Battus puis repoussés dans la forêt, la légende raconte qu’ils y sont massacrés. « C’est cette histoire qui a donné son nom au massif », raconte le chargé de mission. Cinq siècles plus tard, la forêt est entrée dans une autre bataille : celle de la préservation. Le point culminant du Jura n’est finalement pas seulement un sommet.