À première vue, rien ne distingue vraiment cette portion de forêt des milliers d’hectares de résineux qui couvrent le Risoux. Pourtant, derrière les épicéas centenaires et les chemins forestiers parfois austères se cache une histoire intimement liée à celle de la Seconde guerre mondiale. Entre le “Livre d’or du Risoux” (aussi appelé la Roche aux écritures) et les anciens itinéraires empruntés par les contrebandiers, cette balade propose bien davantage qu’une simple immersion en pleine nature.
Le départ s’effectue depuis les hauteurs de Bois-d’Amont. Rapidement, le vacarme du quotidien disparaît. Ici, seuls le chant des oiseaux et le bruissement du vent dans les cimes accompagnent les marcheurs. La forêt du Risoux impressionne immédiatement par ses dimensions. S’étendant sur plusieurs milliers d’hectares le long de la frontière suisse, elle constitue l’un des plus grands massifs forestiers du Jura.
Au fil du parcours, les paysages changent peu, mais c’est précisément ce qui fait leur force. Les longues allées forestières alternent avec des clairières discrètes, des murets oubliés et quelques ouvertures offrant de belles perspectives sur les reliefs environnants. Cette monotonie apparente permet surtout de comprendre pourquoi le secteur constituait un refuge idéal pour les groupes de contrebandiers durant la Seconde Guerre mondiale.
Une forêt refuge pour la contrebande
Durant l’Occupation, le Risoux devient un territoire stratégique. Sa densité forestière, son relief accidenté et sa proximité avec la Suisse offrent de nombreuses possibilités de repli. Plusieurs maquis s’y installent et organisent leurs activités dans le plus grand secret.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le “Livre d’or du Risoux”, l’un des points remarquables du parcours. Ce bloc rocheux intrigue depuis des générations. Gravures anciennes, inscriptions mystérieuses et récits locaux alimentent encore aujourd’hui les interprétations. Plus anciennes que cette histoire de contrebande, les traces laissées sur la roche remonteraient peut-être à la Révolution, au vu des dates qui y sont inscrites. Le site constitue une halte idéale pour évoquer l’histoire des hommes qui ont fréquenté ces lieux bien avant les randonneurs.
Face à cette roche chargée de symboles, le visiteur prend conscience de l’épaisseur historique du paysage qui l’entoure. Chaque sentier semble raconter un fragment d’histoire, chaque clairière évoque une cache ou un lieu de rassemblement.
Un voyage dans le temps au cœur du Haut-Jura
La seconde partie de la randonnée permet de profiter pleinement du caractère sauvage du Risoux. Loin des sites touristiques les plus fréquentés du Jura, le promeneur évolue dans une nature préservée où la présence humaine demeure discrète.
Cette atmosphère particulière fait toute la richesse du parcours. Contrairement aux balades centrées sur les panoramas spectaculaires ou les cascades, celle-ci invite davantage à l’observation et à la réflexion. Ici, le décor se dévoile progressivement, au rythme des pas.
Lorsque le chemin retrouve finalement Bois-d’Amont, difficile de ne pas porter un regard différent sur cette immense forêt. Derrière les arbres et les paysages se dessine alors une autre lecture du territoire : celle des hommes et des femmes qui, dans l’ombre des sapins du Risoux, ont contribué à écrire une page importante de l’histoire jurassienne.
Informations pratiques
Départ : Bois-d’Amont (secteur de la forêt du Risoux)
Arrivée : boucle retour au point de départ
Distance : environ 9 km
Durée : 3 heures
Difficulté : moyenne
Dénivelé positif : 220 m
Dénivelé négatif : 220 m
Point haut : environ 1 260 m
Point bas : environ 1 080 m
Public : marcheurs réguliers, amateurs d’histoire et de nature
À découvrir : Pierre aux Écritures, forêt du Risoux, anciens chemins de contrebande, mémoire des maquisards, frontière franco-suisse
Accès : parking à Bois-d’Amont
Conseil : prévoir de bonnes chaussures, certains passages pouvant rester humides même en été. Emporter également une veste légère, la fraîcheur de la forêt du Risoux étant souvent marquée sous couvert forestier.
























