Dominant la vallée et largement fréquentée par les promeneurs comme les grimpeurs, la falaise de Rochefort-sur-Nenon présente des fragilités connues. Un enjeu remis en lumière après un suicide survenu mardi 7 avril, sans pour autant en être la cause directe.
Depuis plusieurs années, la commune est confrontée à un phénomène naturel : l’érosion progressive de la roche. Sous l’effet du temps et des intempéries, la paroi reste instable.
« Des petits blocs ou des gros blocs peuvent tomber, ce qui arrive de temps en temps », souligne Jacques Girod. Une réalité qui impose une vigilance constante sur ce site naturel étendu sur plusieurs kilomètres.
Cette problématique de sécurisation a été évoquée dès le premier conseil municipal, le mardi 31 mars. Pour l’heure, les travaux restent à l’état de projet, dépendants des capacités budgétaires de la commune et dans l’attente de devis. Plusieurs pistes sont envisagées, notamment le recours à des entreprises spécialisées pour installer des filets ou des grillages sur les zones les plus exposées.
L’exemple d’Audelange et une sécurisation ciblée
Un exemple proche guide déjà la réflexion : à Audelange, un chantier de sécurisation est en cours sur une portion similaire de falaise. Des dispositifs de protection, comme des grillages, y ont été installés sur les secteurs les plus fragiles. « Ils ont fait tout un travail récent, où ils ont été amenés à mettre carrément du grillage à certains endroits particulièrement fragiles », souligne Jacques Girod.
En parallèle, la municipalité a relancé une convention avec les acteurs de l’escalade, interrompue en 2023, afin d’assurer l’entretien des 60 voies recensées sur la falaise. Des opérations de purge sont régulièrement menées pour retirer les blocs instables. « Ils montent, vérifient où il y a des cailloux qui pourraient tomber, et ils font tomber, ils font de la prévention », précise le maire.
Certains secteurs publics sensibles
Au-delà des zones d’escalade, certains espaces publics, comme le secteur des sanitaires et du parking, concentrent les inquiétudes. Des chutes de pierres y ont déjà été observées, notamment après des épisodes de fortes pluies. La commune entend intervenir en priorité sur ces secteurs, avant d’élargir son diagnostic à d’autres zones, y compris à proximité de certaines habitations.
Les conditions climatiques jouent un rôle déterminant dans cette fragilisation. Les précipitations intenses favorisent les décrochements de roche. Plus marginalement, la présence de chamois sur la falaise peut aussi contribuer à déstabiliser certains blocs.
Enfin, le calendrier des éventuels travaux devra tenir compte des contraintes environnementales. « Ça ne se fera pas pendant la période de février à juin car il s’agit de la nidification des oiseaux sur les parois ». La falaise abrite en effet plusieurs espèces protégées, ce qui limite les interventions sur certaines périodes.
En parallèle, la municipalité souhaite renforcer la signalisation du site, jugée parfois insuffisante. L’objectif est d’informer davantage les visiteurs sur les dangers et de limiter l’accès à certaines zones sensibles.
Malgré ces aménagements envisagés, le risque ne pourra jamais être totalement écarté. « On fait tout ce qu’on peut pour sécuriser, mais la falaise reste un milieu naturel qui n’est pas sans danger », rappelle Jacques Girod.
























