Passer d’initiatives locales à une dynamique régionale. C’est l’ambition du lancement de la fédération bourguignonne-franc-comtoise des initiatives inspirées de la Sécurité sociale de l’alimentation (SSA). Elle doit structurer des expérimentations déjà engagées sur plusieurs territoires. « Aujourd’hui, on est à la fois dans un aboutissement et dans un commencement », résume Jérôme Durain, président de la Région.
Derrière le concept, une ambition : défendre un accès choisi à une alimentation de qualité. La SSA s’inspire du fonctionnement de la Sécurité sociale. Dans sa proposition nationale, chacun disposerait de 150 euros mensuels consacrés à des produits conventionnés collectivement. « On va faire quelque chose de plus local, on va montrer l’exemple, on va faire du concret », explique Vivien Bongeon, membre du collectif national.
La Région ne part toutefois pas d’une page blanche. Un réseau d’initiatives s’est constitué en 2025 et des démarches existent déjà sur plusieurs territoires, à différents niveaux d’avancement. L’objectif est désormais de les accompagner et de favoriser les échanges. « Ce n’est pas un petit phénomène, c’est un phénomène qui est bien ancré territorialement. »
Fédérer les initiatives
Pour y parvenir, le projet régional d’accompagnement doit consolider le réseau, soutenir individuellement les collectifs et participer à la concrétisation de la démarche régionale. Une charte et un espace partagé de ressources sont notamment prévus.
La dimension citoyenne doit rester centrale. Localement, les participants se forment, échangent puis déterminent ensemble les produits et structures à conventionner. Producteurs, commerces, restaurateurs ou cantines peuvent ainsi entrer dans la réflexion. « On prend le temps de se former, d’échanger, de délibérer. »
En parallèle, la recherche accompagne la démarche. Un programme régional lancé en mai pour deux ans doit documenter les initiatives et leurs effets. « Il y a une très grande diversité » dans leur émergence et leur organisation. L’objectif est ainsi de comprendre les expériences locales pour nourrir l’ensemble du réseau.
« Bien se nourrir est un droit »
Pour la Région, l’ambition dépasse la seule expérimentation. Elle doit aussi rapprocher consommateurs et producteurs, tout en répondant à des enjeux sociaux et agricoles. « Bien se nourrir est un droit et non un privilège », insiste Fabrice Voillot, conseiller régional à l’alimentation de proximité.
La collectivité entend néanmoins laisser leur place aux initiatives citoyennes. « Il ne s’agit pas de venir mettre de la politique dans des sujets citoyens », prévient le président régional. La Région veut plutôt aider les projets existants à se structurer et à accélérer.
Désormais, l’enjeu sera donc de changer d’échelle. « Il ne faut pas qu’on reste dans une phase expérimentale pendant dix ans. » Avec cette fédération, la Bourgogne-Franche-Comté veut donner davantage de poids à un modèle encore en construction et faire de ses expérimentations locales le socle d’une ambition régionale.

























