« Les banques ont temporisé ces derniers temps pour continuer à proposer des taux sympas. Mais à un moment, il faut qu’elles suivent la tendance », explique Stéphane Dietemann, de Courtiers Habitat. Une remontée liée notamment, selon lui, au contexte macroéconomique et à l’évolution de l’OAT à 10 ans, indicateur suivi par les professionnels.
Pour l’instant, la légère remontée des taux ne semble pas freiner les projets d’achat. Elle peut toutefois modifier le budget auquel certains ménages peuvent prétendre. À situation financière identique, une légère hausse peut en effet rendre un projet qui était finançable quelques mois plus tôt trop coûteux aujourd’hui. « Une personne qu’on a pu voir il y a trois mois et qui était finançable, s’il y a une hausse de 0,20 ou 0,30 point de plus au niveau de son projet, le projet qui avait été vu il y a trois mois n’est plus réalisable aujourd’hui du fait du coût qui a augmenté », constate le courtier.
L’épargne, un critère de plus en plus important
Dans l’étude d’un dossier, les banques regardent les revenus, les crédits en cours et la gestion des comptes. Mais l’épargne occupe également une place importante. « Ce qui est hyper important aujourd’hui, c’est l’épargne et aussi l’épargne après projet », souligne Stéphane Dietemann.
L’objectif est notamment de conserver une réserve en cas d’imprévu. Un ménage qui atteint déjà les 35 % d’endettement et utilise toutes ses économies pour acheter son logement aura peu de marge pour faire face à une dépense inattendue.
Les revenus élevés ne garantissent d’ailleurs pas l’obtention d’un prêt. Les courtiers citent le cas de deux chirurgiens gagnant plus de 50 000 € par mois, mais déjà lourdement endettés et sans épargne, dont le financement n’a pas été accepté. À l’inverse, un couple disposant de revenus plus modestes mais capable d’épargner régulièrement peut présenter un dossier rassurant.
Faut-il attendre pour acheter ?
Pour les courtiers, difficile de miser sur une hypothétique baisse des taux. « Il n’y a jamais de bon ou de mauvais moment pour acheter », estime Stéphanie Barillot, de Courtiers Habitat. Après les taux exceptionnellement bas de la période post-Covid, ceux-ci évoluent désormais autour de niveaux qu’elle considère plus proches de la moyenne historique.
Plutôt que d’attendre, les professionnels conseillent donc de préparer son projet en amont : constituer une épargne, assainir ses comptes et vérifier les aides auxquelles on peut prétendre, notamment pour les primo-accédants.
Prêt à taux zéro, dispositifs d’Action Logement ou aides spécifiques à certaines professions peuvent ainsi compléter le financement. « Chaque cas est différent en fonction de votre profession, de votre âge. C’est vraiment du sur-mesure », rappelle la courtière. Pour les professionnels, l’enjeu est donc moins d’attendre une hypothétique baisse des taux que de bien préparer son dossier en amont. Épargne, gestion des comptes, stabilité des revenus et recherche des aides disponibles peuvent ainsi faire la différence au moment de solliciter un financement.


























