Région. 70 jours pour construire un nouveau lycée : défi relevé aux Haberges à Vesoul

Après l’évacuation en urgence en mai dernier des anciens locaux du lycée des Haberges, menacés d’effondrement, les 850 élèves ont fait leur rentrée ce lundi 1 septembre dans un nouvel établissement modulaire construit en un temps record.

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lycée Haberges Vesoul modulaire

C’est une rentrée 2026 particulièrement symbolique qu’ont vécue les 850 élèves du lycée des Haberges à Vesoul et l’ensemble du personnel enseignant. Et pour cause : la fin de l’année scolaire 2025-2026 avait été marquée par l’évacuation en urgence des anciens locaux du lycée, menaçant de s’effondrer. Face à cette situation inédite, la Région Bourgogne-Franche-Comté, en charge des lycées, a dû trouver une solution d’urgence. En un temps record et avec la coopération de tous les acteurs locaux, un nouveau lycée modulaire a été entièrement construit durant l’été. Pour l’occasion, Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Pierre Moya, nouveau recteur de l’académie, le nouveau chef d’établissement Stéphane Lainé et de nombreux élus avaient fait le déplacement.

Une course contre la montre

En ce mardi matin de rentrée, les mines des élus et des représentants du Rectorat étaient à la fête. Et pour cause, il y a quelques semaines encore, difficile d’imaginer qu’un tel projet puisse voir le jour en si peu de temps. Construire un lycée en 70 jours : le défi était immense. Jérôme Durain, président de la Région, qui a suivi le dossier de très près, l’a lui-même présenté comme “un défi gigantesque, aux faux airs du chantier de Notre-Dame, de par l’ampleur de la tâche et les délais extrêmement courts“. Pour le président de Région, cette réalisation est également la “preuve que le travail en équipe paye“.

Une rentrée presque normale pour les élèves 

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En entrant dans le nouvel espace pédagogique, difficile de croire qu’il n’y avait encore rien il y a quelques semaines. Le nouveau lycée modulaire prendrait même des airs de village de vacances, avec ses pontons en bois reliant les différents modules, ses espaces couverts et son agencement sur plusieurs niveaux. L’ensemble des espaces dont disposaient les élèves dans les anciens locaux ont été recréés dans les bâtiments modulaires : vie scolaire, infirmerie, CDI, foyer ou encore salle d’étude. Tout a été pensé pour limiter au maximum les perturbations dans la scolarité des élèves. D’ici les vacances de la Toussaint, un chapiteau sera également installé en contrebas des nouveaux locaux afin de proposer un espace couvert supplémentaire pour les journées d’hiver.

“Une prouesse technique”

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C’est une prouesse technique qui a été réalisée“, s’est félicité Laurent Seguin, président du Département de la Haute-Saône. Le chantier a nécessité le montage accéléré de plus de 260 modules, transportés par 140 camions. Au total, près de 4 000 m² de surface modulaire ont été installés en l’espace de deux mois. Un chantier qui a également demandé d’importants travaux de terrassement en amont de la pose des modules. Au plus fort de l’été, plus de 50 salariés ont travaillé sur le site pour permettre la réalisation du projet dans les délais. Le coût de l’opération s’élève à plus de 4,8 millions d’euros pour le terrassement, l’installation et la location des modules sur deux années, pour le moment. Mais, à en croire les propos de Jérôme Durain, il faudra probablement se projeter au-delà de cette période.

Un défi pédagogique 

Au-delà des travaux, il a également fallu réorganiser et repenser tout le fonctionnement de l’établissement. La proviseure adjointe, Fanny Langendoen, qui suit la situation depuis l’évacuation en urgence du mois de mai dernier, ne cachait pas sa satisfaction, tout en rappelant la complexité des derniers mois. “Il a fallu gérer de nombreuses contraintes pour réaliser les emplois du temps, puisque nous avons aujourd’hui un tiers de salles en moins par rapport aux anciens locaux.” Grâce à une optimisation du taux d’occupation des salles, l’ensemble des classes du lycée peut toutefois suivre les cours dans les nouveaux locaux. Par chance, le bâtiment du réfectoire ainsi que le gymnase ne sont pas concernés par la menace d’effondrement. Les élèves peuvent donc continuer à les utiliser normalement.

Quel avenir pour les anciens locaux ? 

Une fois la situation d’urgence gérée avec la construction de ce nouvel établissement modulaire, les services de la Région et du rectorat vont désormais devoir se pencher sur une question encore plus épineuse : que faire du bâtiment historique, toujours menacé d’effondrement ? De nouvelles études, plus poussées, vont être lancées afin d’évaluer les différentes possibilités : travaux d’assainissement, réhabilitation ou destruction du bâtiment. “Il faudra étudier toutes les possibilités et le coût total de telles opérations“, a prévenu Jérôme Durain. Mais cette fois-ci, il n’y a plus d’urgence. Les études, puis l’éventuel chantier, pourraient s’étaler sur plusieurs années. En attendant, les élèves des Haberges pourraient donc bien vivre plusieurs rentrées dans ce nouvel écrin modulaire…