Ravilloles. « Une pause de méthode » pour sortir du face-à-face au sujet du barrage

Après plusieurs années consacrées à l'effacement du barrage, le Parc naturel régional du Haut-Jura suspend les démarches alors que le consensus local s'est fissuré. Martine Riallan, sa nouvelle présidente, explique la position du syndicat mixte.

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Barrage de Ravilloles
Le barrage de Ravilloles est au cœur des débats depuis de nombreux mois.

« Une pause de méthode ». Voilà comment Martine Riallan, nouvelle présidente du Parc naturel régional du Haut-Jura, arrivée en juin dernier, décrit cette suspension temporaire des démarches vis-à-vis du barrage de Ravilloles. Actuellement propriété d’EDF, le barrage doit être cédé, dans le cadre d’un accord, au Parc naturel régional du Haut-Jura.

Jusqu’à présent, le scénario prévoyait la démolition de cet édifice centenaire. En effet, selon des études diligentées par EDF, il a été constaté que la stabilité de l’ouvrage ne pouvait être garantie et qu’en cas de rupture, des zones d’habitation situées en aval étaient directement exposées à l’onde de crue. Mais ces derniers mois, la mobilisation a grondé et le consensus s’est fissuré.

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Une contre-expertise a été demandée

Les opposants à l’effacement du barrage demandent désormais une nouvelle contre-expertise. La présidente du Parc rappelle qu’une deuxième étude existe d’ores et déjà : « Il a déjà été demandé à l’INRAE, qui est quand même indépendant, de vérifier les dires et d’apporter sa contre-expertise. A priori, ils arriveraient à la même conclusion. »

Cependant, Martine Riallan laisse la porte ouverte pour une nouvelle expertise tout en demandant des réponses à ses interrogations : « Peut-être qu’un troisième va nous dire le contraire. Mais à ce moment-là, les questions qui se posent, c’est : Qui va financer ? Qui va prendre la responsabilité de ce dossier ? Et qui va ensuite le faire fonctionner, puisque EDF ne veut plus s’en charger ? »

Une pause pour remettre les acteurs autour de la table

Si le projet d’effacement a été mis en pause ces dernières semaines, il ne faut toutefois pas l’interpréter comme une remise en cause du travail réalisé jusqu’ici par les équipes du Parc. « Cette pause de méthode n’est absolument pas pour remettre en cause leur technicité », assure Martine Riallan. L’enjeu est désormais de remettre tous les acteurs autour de la table. Le Parc, l’État, EDF, les communes concernées, mais aussi les défenseurs du barrage doivent, selon la présidente, « se remettre devant leur propre responsabilité ».

La réflexion devra également prendre en compte les conséquences environnementales du maintien ou de l’effacement de l’ouvrage. Martine Riallan rappelle notamment l’influence des retenues sur la température de l’eau, tout en soulignant l’attachement patrimonial qu’elle porte au barrage.

« S’il y a un vrai projet qui tient la route et qui est validé par les services de l’État, des communes qui veulent proposer autre chose […] on va voir ce qui peut se faire », explique-t-elle. Une position qui ne signifie pas pour autant que le Parc se prononce aujourd’hui en faveur du maintien du barrage. « Moi, aujourd’hui, je ne sais pas. Je n’ai pas les éléments », insiste-t-elle. La présidente souhaite désormais établir une feuille de route d’ici la fin de l’année. En attendant, Martine Riallan résume sa position en quelques mots : « J’espère que le bon sens va primer. »