Les signaux virent au rouge. À l’occasion de son rendez-vous de rentrée, l’Udaf du Jura a dressé un constat préoccupant sur la situation des familles. Pouvoir d’achat, logement, énergie ou encore endettement pèsent davantage sur les foyers. « Les familles ont de plus en plus de mal à assumer le fonctionnement de leur budget », constate Olivier Bonnot, le directeur général.
Sur le terrain, cette fragilité se traduit directement dans l’activité de l’association. L’Udaf accompagne aujourd’hui plus de 3 000 personnes dans le département et constate une hausse annuelle de 5 % de son activité. La protection judiciaire des majeurs progresse notamment depuis deux ans. « On pourrait s’en réjouir. C’est aussi le signe de la dégradation de la situation », poursuit le directeur.
Les Points conseil budget observent la même tendance. Selon le baromètre des familles 2026 cité par l’Udaf, 53 % des parents interrogés déclarent ne pas avoir les moyens de préparer l’avenir de leur enfant. Ils étaient 43 % en 2024. Surtout, 13 % disent ne plus pouvoir répondre à leurs besoins essentiels.
« Il n’y a plus de marge »
Car les arbitrages ont déjà été faits pour certains ménages. Abonnements, téléphonie ou complémentaire santé ont été réduits lorsque cela était possible. Pourtant, « même quand on gère au mieux, qu’on priorise exactement, on n’y arrive plus », rapporte Olivier Bonnot. Loyer, alimentation, assurances et énergie constituent désormais des dépenses difficilement compressibles. « Il n’y a plus de marge pour faire des économies », complète Isabelle Desgouilles, chef de service vie associative et action familiale.
À cela s’ajoute la question du logement. Début 2026, environ 4 400 dossiers étaient en attente dans le parc social jurassien, selon les chiffres évoqués lors de la conférence. Le manque de rotation, la hausse des loyers et les séparations alimentent les demandes. Certains ménages cherchent même plus petit pour réduire leurs dépenses.
Dans ce contexte, l’Udaf s’inquiète des économies envisagées dans le secteur social. La Bourgogne-Franche-Comté doit notamment passer de 28 à 20 Points conseil budget. « Si on a moins de moyens, on ne pourra pas investir dans l’éducation budgétaire comme on le faisait », prévient Olivier Bonnot.
Des besoins qui augmentent, des moyens sous tension
La protection des majeurs concentre également les inquiétudes. Au niveau national, une lettre de cadrage évoque 150 millions d’euros d’économies, alors que le nombre de personnes protégées devrait continuer à progresser. Pour l’Udaf, réduire les moyens au moment où l’activité augmente apparaît contradictoire.
L’association rappelle aussi son poids local : 120 salariés et un budget annuel de 7 millions d’euros, dont environ 5 millions consacrés aux salaires. « Le travail social et l’accompagnement qu’on fait, c’est le ciment de notre société », insiste Olivier Bonnot, qui appelle à ne pas considérer ces dépenses comme une simple charge.
L’Udaf entend donc profiter des prochains débats budgétaires pour interpeller les parlementaires. Son président, Jean-François Dumont, annonce que l’association sera « vigilante » à l’automne sur le budget 2027. Avec une ligne directrice : éviter que les économies ne pèsent davantage sur des familles déjà fragilisées.


























