Jura. Dix-sept docteurs juniors attendus pour renforcer l’accès aux soins

À partir du 1er novembre, 17 docteurs juniors exerceront dans le Jura, dans le cadre d'une nouvelle année d'internat en médecine générale. Une arrivée rendue possible par la mobilisation des médecins maîtres de stage, comme l'explique Emma Gay-Bonniot, directrice départementale de l'Agence régionale de santé (ARS).

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Emma Gay-Bonniot salue la mobilisation des 17 maîtres de stage jurassiens qui accueilleront les nouveaux praticiens dès le 1er novembre. Crédit photo : ARS

C’est une arrivée qui pourrait contribuer à améliorer durablement l’accès aux soins dans le Jura. Dès le 1er novembre, 17 docteurs juniors rejoindront des cabinets médicaux du département pour effectuer leur dernière année de formation en médecine générale. Une première promotion qui s’inscrit dans une réforme nationale destinée à renforcer la formation des futurs généralistes, mais également à encourager leur installation dans les territoires.

Jusqu’à présent, l’internat de médecine générale s’effectuait sur trois années. Désormais, une quatrième année vient compléter ce cursus, à l’image des autres spécialités médicales. « Le premier objectif, c’est de mieux les préparer, qu’ils aient une formation supplémentaire sur le terrain en médecine libérale », explique Emma Gay-Bonniot, directrice départementale de l’ARS Jura.

Mais cette évolution poursuit également un objectif territorial. En découvrant un bassin de vie, ses patients et ses professionnels de santé, les jeunes médecins pourraient être davantage enclins à s’y installer. « Ce qui fonctionne le mieux pour remplacer les médecins, c’est de faire appel à des professionnels qui sont déjà venus en stage et qui ont ainsi un premier pied sur le territoire », souligne la responsable.

Une mobilisation déterminante des médecins jurassiens

Avec 17 docteurs juniors accueillis, contre 11 dans le Doubs, le Jura bénéficie d’une dynamique favorable. Un résultat qui ne tient pas à une répartition décidée par l’ARS, mais à la mobilisation des professionnels du département.

Au printemps, 17 médecins généralistes se sont déclarés volontaires pour accueillir un docteur junior. Tous ont finalement obtenu une affectation. « On a vraiment une chance incroyable d’avoir eu 17 docteurs juniors », se réjouit Emma Gay-Bonniot, qui insiste sur l’engagement des maîtres de stage.

L’affectation repose sur une plateforme nationale, sous la responsabilité de l’université de référence, à Besançon. L’ARSn’intervient pas dans le choix des binômes, mais accompagne la mise en œuvre du dispositif.

Pour faciliter l’accueil des jeunes praticiens, l’agence a notamment mobilisé une aide pouvant atteindre 10 000 euros par maître de stage. Cette enveloppe permet de financer du mobilier, des aménagements ou une réorganisation des locaux. Les docteurs juniors exerçant en autonomie, sous supervision, doivent en effet disposer de leur propre cabinet.

Réduire les inégalités territoriales d’accès aux soins

L’arrivée de ces nouveaux praticiens intervient dans un département marqué par d’importantes disparités médicales. Si le Jura dispose d’un ratio médecins-population supérieur à la moyenne régionale, cette situation masque une répartition inégale.

« On a une forte proportion de médecins qui se concentrent sur le nord du département », constate Emma Gay-Bonniot. La proximité avec Dijon et Besançon constitue notamment un facteur favorable à l’installation, tandis que les secteurs montagneux du Haut-Jura rencontrent davantage de difficultés.

Pour répondre à ces déséquilibres, l’ARS s’appuie sur un zonage distinguant les zones d’intervention prioritaire (ZIP), les plus fragiles, et les zones d’action complémentaire (ZAC), également confrontées à des tensions. Ce classement permet de mobiliser différentes incitations financières pour les praticiens et leurs maîtres de stage.

« Le zonage, c’est vraiment l’outil principal de l’Agence pour essayer d’avoir un maillage territorial sur l’ensemble d’un département », rappelle la directrice.

Les premières affectations débuteront le 1er novembre pour une période de six mois. À son terme, les jeunes médecins pourront poursuivre leur expérience ou rejoindre un autre lieu d’exercice, laissant éventuellement leur place à un nouveau docteur junior.

Au-delà des consultations supplémentaires attendues, l’ambition reste de fidéliser ces futurs professionnels de santé dans le Jura. « Sur leur lieu d’accueil ou bien autre part, sur notre département parce qu’ils l’auront sillonné, ils auront découvert et ils seront tombés amoureux du Jura entre-temps », espère Emma Gay-Bonniot.