Comment se porte le don du sang dans le Jura ?
Cette année, les collectes ne sont pas terribles. La canicule a eu un impact important, car elle affaiblit les gens et augmente les risques de malaise. À Champagnole, où je préside également l’amicale, nous avions auparavant entre 140 et 200 donneurs lors des collectes. Aujourd’hui, quand nous en avons 150, nous sommes contents. Nous sommes passés de 16 collectes par an à dix, depuis la suppression des six collectes de plasma par aphérèse en unité mobile. Et cette baisse, je la constate partout.
Cette situation menace-t-elle certaines collectes ?
Le Jura compte 17 amicales et 33 sites de prélèvement. Mais il y a des sites en danger. Lorsqu’une collecte rassemble moins de 30 poches, l’Établissement français du sang (EFS) ne va pas déplacer toute une équipe de Besançon. Il faut pouvoir réagir, mais nous manquons parfois de statistiques en cours d’année pour suivre précisément l’évolution des collectes. On subit, malheureusement.
Pourquoi le plasma est-il un enjeu important ?
Le plasma sert notamment à fabriquer des médicaments. Le laboratoire d’Arras, qui doit traiter jusqu’à 3,5 millions de litres de plasma par an, en reçoit aujourd’hui à peine un million, selon les chiffres que j’ai. Nous importons environ 65 % de notre plasma destiné au fractionnement, notamment depuis les États-Unis. C’est une dépendance qui pose question. Avant, nous faisions des collectes de plasma en unité mobile à Champagnole, Clairvaux ou Lons-le-Saunier. Elles ont été supprimées depuis 2018. Aujourd’hui, les donneurs doivent se rendre dans une maison du don, notamment à Besançon. Entre l’aller et le retour, cela peut prendre pratiquement une journée.
Comment essayez-vous de mobiliser davantage de donneurs ?
Nous faisons beaucoup de promotion, avec les réseaux sociaux, des interventions dans les lycées ou notre participation au carnaval de Champagnole. Nous organisons aussi des marches départementales. Mais le mieux, c’est le bouche-à-oreille. Nous travaillons également sur des solutions de covoiturage vers Besançon pour les personnes intéressées par le don de plasma. Il faut aussi attirer les jeunes et réussir à les fidéliser.
La région reste-t-elle malgré tout mobilisée ?
Au 31 août, l’indice de générosité de la Bourgogne Franche-Comté atteignait 3,06 %, contre 2,27 % au niveau national. C’est encourageant. Mais cela ne doit pas masquer les difficultés. Il faut continuer à faire de la promotion et préserver les collectes. Le don du sang repose sur des bénévoles et sur la mobilisation de chacun.

























