À peine un grand rassemblement terminé qu’un autre se profile. Début août, les chemins du sanctuaire Notre-Dame du Mont-Roland ont vu converger entre 600 et 700 pèlerins. Fin septembre, c’est vers Paris et Metz que certains catholiques jurassiens prendront la route. Deux rendez-vous sans lien direct, mais qui rythment un été particulier pour les fidèles du diocèse de Saint-Claude.
Le premier reste profondément ancré dans l’histoire locale. Organisé chaque année autour du 2 août, le pèlerinage du Mont-Roland marque l’anniversaire de la consécration de l’église du sanctuaire, en 1859, mais aussi celui du couronnement de la statue de la Vierge Marie. Il dépasse aujourd’hui les frontières jurassiennes, avec des pèlerins venus également de Côte-d’Or et du Doubs.
Cette année, le rendez-vous avait commencé dès la veille. Marche et chapelet pour les vocations, concert d’orgue puis procession aux flambeaux ont précédé la journée du dimanche. Après l’adoration, les prières et les confessions, la messe de 10 h 30, présidée par l’évêque, constituait « vraiment l’élément central de tout le week-end », rappelle Don Xavier Camus, recteur du sanctuaire.
De Mont-Roland à Mont-Roland
Mais l’édition 2026 avait aussi un accent sénégalais. Vingt-huit membres du diocèse de Thiès avaient fait le déplacement dans le cadre du jumelage qui l’unit depuis une trentaine d’années à celui de Saint-Claude. Une relation qui plonge ses racines dans une histoire plus ancienne : un missionnaire jurassien parti au Sénégal y avait fondé un sanctuaire dédié, lui aussi, à Notre-Dame du Mont-Roland.
« Dans le monde, il y a deux sanctuaires Notre-Dame de Mont-Roland. Celui d’ici, originel, et puis au Sénégal », souligne Don Xavier Camus. Plusieurs membres de la chorale de la cathédrale de Thiès étaient du voyage. Ils se sont produits le dimanche après-midi, avant la procession venue refermer le pèlerinage.
Quelques semaines plus tard, changement d’échelle. La venue du pape en France fin septembre mobilise désormais les diocèses. Pas question, toutefois, de relier artificiellement les deux événements. « C’est un pèlerinage un peu classique, annuel. Il était préparé avant l’annonce de la venue du pape », précise le recteur. Cette visite pontificale porte néanmoins une tout autre dimension : « Au niveau national, au niveau beaucoup plus large, la venue du pape marque toute l’Église de France. »
Paris et Metz dans le viseur
Dans le Jura aussi, le déplacement se prépare. Le diocèse de Saint-Claude prévoit notamment un voyage en bus à Metz. Les jeunes sont, eux, invités à rejoindre Paris pour participer à la rencontre qui leur sera consacrée. Depuis Dole, un car doit également partir vers la capitale le samedi, notamment pour permettre aux familles de participer plus facilement au rendez-vous.
Car derrière l’ampleur de la visite, Don Xavier Camus insiste surtout sur ce que les fidèles en attendent. « Nous sommes tous invités à prier pour que ce ne soit pas qu’un événement humain ou culturel, mais que ce soit vraiment un événement spirituel. » Une attente concerne aussi directement la parole du souverain pontife, notamment auprès des jeunes. « On est dans l’attente de savoir ce que lui a dans le cœur à nous dire. »
Du Mont-Roland aux grands rassemblements de septembre, les échelles changent donc radicalement. Mais pour le recteur du sanctuaire, l’enjeu reste celui de la rencontre et de la foi : faire de cette venue une occasion de « montrer aussi notre communion entre nous et avec le pape ».




























