
Pouvoir d’achat, salaires, services publics ou encore avenir des jeunes : les motifs de mécontentement étaient nombreux, samedi 17 octobre, dans le Jura. À travers plusieurs rassemblements organisés dans le département, les participants ont cherché à faire entendre leurs revendications, mais aussi à retrouver une mobilisation commune, dans une atmosphère pacifique dans le Jura. Malgré des participations variables, la volonté de poursuivre le mouvement revenait régulièrement dans les échanges.
À Dole, une mobilisation pacifique dans les rues du centre-ville
À Dole, une centaine de personnes se sont rassemblées ce samedi 17 octobre, à partir de 10 h 20, avenue de Lahr. Parmi les participants figuraient des syndicalistes, notamment de la CGT, des Gilets jaunes ainsi que des représentants du Parti communiste français (PCF). La mobilisation réunissait des manifestants de différentes générations, venus exprimer leur mécontentement. L’objectif était de « rassembler un maximum de monde » et de « montrer le mécontentement de la population », selon un syndicaliste de la CGT.

Après ce premier rassemblement, le cortège a pris la direction du centre-ville, en empruntant les rues anciennes de Dole. La marche s’est déroulée dans le calme et sans heurt, sans entrave à la circulation. Les participants ont ainsi privilégié une manifestation pacifique pour faire entendre leur mécontentement.
En revanche, les autres rassemblements annoncés dans le secteur dolois n’ont pas eu lieu. À la mi-journée, les rassemblements se sont clôturés, sans incident.
À Champagnole, les Gilets jaunes veulent relancer la mobilisation
À Champagnole, une dizaine de personnes se sont d’abord retrouvées devant la mairie, avant qu’un autre rassemblement ne se forme devant la station-service E.Leclerc. Vers 10 h 30, une grosse vingtaine de participants étaient présents, selon Philippe Cuevas, l’un des manifestants. Le choix de ce lieu était symbolique, alors que le prix des carburants figurait parmi les principales préoccupations. « Les gens aujourd’hui n’arrivent plus à s’en sortir », déplorait-il, évoquant également les difficultés à se loger et à se nourrir. Malgré une participation inférieure aux attentes, l’objectif était avant tout de relancer le mouvement. « On existe encore, on n’est pas complètement partis, il y a encore un maximum de gilets jaunes, on est toujours là. »

Parmi les participants, Tiffany, 21 ans, connaît déjà les manifestations. Elle y participe depuis l’enfance, aux côtés de son père, et avait notamment pris part au mouvement des Gilets jaunes. Aujourd’hui, ses inquiétudes concernent autant les dépenses quotidiennes que son propre avenir. « À 21 ans, je me demande déjà comment je vais faire pour pouvoir vivre correctement plus tard. » Essence, gaz et produits de première nécessité alimentent son mécontentement. « Et on voit tout qui augmente, on est obligé de revenir, on est obligé de refaire », expliquait-elle. Sans nourrir de grandes attentes sur les conséquences immédiates de cette journée, la jeune femme insistait sur le caractère pacifique du rassemblement.

Pour d’autres manifestants, les difficultés financières ne constituent qu’une partie des préoccupations. Émilie, 45 ans, évoquait également les salaires, l’hôpital, l’éducation et la situation des services publics. « Tout ça, c’est un trop-plein de tout. Jamais de hausse de salaire », résumait-elle. À ses yeux, les différents mouvements auraient intérêt à se rejoindre pour peser davantage. « Il faut vraiment qu’on soit davantage solidaires. C’est la seule solution. » Certains participants envisageaient d’ailleurs de poursuivre la mobilisation à Lons-le-Saunier dans l’après-midi.
À Lons-le-Saunier, plusieurs générations réunies autour des revendications
À 14 heures, c’est sur la place de la Liberté, que les manifestants se sont retrouvés. Malgré la pluie, plusieurs générations étaient représentées, avec des participants venus notamment de Champagnole et des Rousses. Les échanges témoignaient d’une diversité de préoccupations, entre défense des services publics, pouvoir d’achat, retraites, inégalités et représentation démocratique.

Marie-Lou, 26 ans, voyait dans ce rassemblement une occasion de dépasser les revendications individuelles. « Le fait que les luttes convergent, ça donne de la force, ça donne de l’espoir, ça fait du bien de se retrouver ensemble et de voir qu’on n’est pas seul. » La jeune femme saluait également la présence de plusieurs générations, tout en soulignant l’importance du mouvement lycéen. « C’est qu’en se fédérant et en se mobilisant qu’on pourra changer un peu les choses », estimait-elle.
Cette dimension intergénérationnelle se retrouvait également dans les discussions entre les participants les plus âgés. Les mobilisations passées contre les réformes des retraites, pour l’école ou autour du droit du travail étaient évoquées comme autant d’étapes d’un mécontentement qui ne date pas de cette journée. La place des jeunes dans les mouvements actuels occupait aussi une partie des échanges, tout comme les questions de justice sociale et d’inégalités.

Anne-Valérie, 53 ans, exprimait pour sa part un mécontentement plus général. Elle évoquait notamment les difficultés rencontrées par les agriculteurs, les indépendants et le monde de l’éducation, mais aussi la question de la représentation démocratique. Pour elle, l’enjeu était de parvenir à rassembler des personnes qui ne partagent pas nécessairement toutes les mêmes opinions. « Il faut s’écouter et trouver des solutions ensemble », défendait-elle.
À Arbois, une cinquantaine de manifestants mobilisés malgré la pluie
Une cinquantaine de personnes ont bravé le froid et la pluie pour rester mobilisées toute la matinée. Au passage du rond-point de la RN 83, de nombreux automobilistes ont manifesté leur soutien à coups de klaxon, tandis que des tracts étaient distribués pour relayer les revendications. Une assemblée générale était prévue en début de soirée afin de décider des suites à donner au mouvement, cette première journée étant présentée comme un premier acte.

Un manifestant exprimait son inquiétude face à la situation actuelle : « Je n’ai pas envie qu’ils envoient les enfants et les petits-enfants en Ukraine se battre contre les Russes parce que ce n’est pas notre problème. En France, il y a une dégradation totale de tous les services publics, une dégradation de notre vie quotidienne, il n’y a plus aucune perspective. Dans le monde entier, les étudiants, les jeunes se battent, se défendent, il faut les aider. Nous, retraités, personnes âgées, il faut qu’on les aide ; on ne peut pas leur donner un monde comme celui dans lequel on vit actuellement. Ce n’est pas possible. Il y a toute l’oligarchie mondiale qui est en train de mettre la main sur la totalité des richesses, et puis il y a tous les gens qui sont de plus en plus pauvres pour des gens de plus en plus riches. C’est insupportable. »

À Saint-Claude, entre défense des services publics et inquiétudes des lycéens
À Saint-Claude, entre 150 et 200 personnes se sont rassemblées, vers 10 h 30, sur la place de l’Abbaye. Les organisateurs n’avaient pas prévu de marche dans les rues de la ville, faute de certitude sur la participation. Le rassemblement s’est donc tenu autour du banc rouge installé sur la place, où plusieurs intervenants ont pris la parole dans le calme.

Au micro de Julien Vandelle, représentant de Sud Collectivités départementales 39 et de la CGT, les revendications ont porté sur plusieurs sujets : l’avenir de la ligne ferroviaire des Hirondelles, celui de l’hôpital de Saint-Claude, les difficultés du monde agricole, les retraites ou encore la hausse des prix des carburants et de l’énergie. Quelques Gilets jaunes étaient également présents.

Parmi les participants, Sami et Salomé, deux lycéens de 16 ans, scolarisés en première au lycée du Pré Saint-Sauveur, étaient venus exprimer leur solidarité avec les élèves d’autres établissements. Absences d’enseignants, conditions matérielles dégradées ou emplois du temps difficiles figuraient parmi leurs préoccupations. Les deux jeunes estimaient toutefois que leur propre lycée ne rencontrait pas les mêmes difficultés. En revanche, ils faisaient part de leurs inquiétudes concernant Parcoursup et leurs futures demandes d’admission en 2027.

























