Dossier de la semaine. Nouveaux élus, le temps des responsabilités

Quelques mois après les municipales, l’Association des maires du Jura accompagne les nouvelles équipes face à l’étendue de leurs responsabilités.

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La gestion des crises a occupé une large place dans les échanges entre élus.

Une élection passée, il reste à prendre la mesure du mandat. Réunis au Carcom, à Lons-le-Saunier, les élus jurassiens ont consacré une journée à des sujets très concrets : cohésion d’une équipe municipale, relations avec les secrétaires généraux de mairie, statut et formation des agents ou encore gestion des crises. Pour l’Association des maires et des présidents d’intercommunalité du Jura (AMJ), l’objectif était notamment de toucher les nouveaux venus. « C’était notre objectif de capter un maximum de nouveaux élus », explique sa présidente, Sandrine Gauthier-Pacoud.

Car devenir maire ou conseiller municipal implique des responsabilités parfois peu mesurées avant l’entrée en fonction. « Quand on se présente à un poste de conseiller municipal et de maire, nous n’avons pas forcément à l’esprit que nous aurons ce genre de responsabilités à assumer », reconnaît Sandrine Gauthier-Pacoud. Jusqu’à cette confidence rapportée pendant la journée : « Un maire nous a dit en rigolant : “Si j’avais su, je ne me serais peut-être pas présenté au conseil municipal.” »

Parmi ces responsabilités, la gestion d’une crise a occupé une large partie des échanges. Inondations, feux de forêt ou encore risques sismiques ont replacé le plan communal de sauvegarde (PCS) au centre des préoccupations. Environ 290 communes jurassiennes sur 492 seraient concernées par cette obligation, selon les chiffres avancés lors de la rencontre. Après un été marqué par plusieurs incendies, le sujet a particulièrement mobilisé les élus présents.

Intervenants face aux élus lors d’une journée au Carcom
Plusieurs intervenants comme les services de l’État ou maires d’autres départements ont accompagné les élus au cours de la journée.

Le PCS, un document à s’approprier

Pour les nouvelles équipes, l’enjeu n’est pourtant pas simplement administratif. Le PCS doit pouvoir être utilisé lorsque survient une crise. Certaines anciennes municipalités ont d’ailleurs laissé sa rédaction à leurs successeurs. Une décision que Sandrine Gauthier-Pacoud comprend : « Il faut absolument que les équipes, et notamment le maire et les adjoints, s’approprient ce document, parce que c’est eux qui vont le mettre en place lorsqu’il sera nécessaire de le faire. »

D’autant que la responsabilité des élus peut être engagée. « Il faut vraiment que les élus prennent conscience que leur responsabilité est très large », insiste la présidente de l’AMJ. La journée a donc associé les services de l’État aux échanges.

Cependant, toutes les communes ne participent pas aux formations proposées. L’AMJ a donc cherché un autre moyen de les accompagner. « On s’est dit : c’est notre rôle, il faut les aider d’une autre manière », rapporte Sandrine Gauthier-Pacoud. Une application en ligne a ainsi été développée pour permettre aux élus de compléter et générer leur PCS sans devoir préalablement suivre une formation.

Accompagner les premiers mois du mandat

Cette journée dépassait ainsi la seule question de la sécurité civile. Elle devait aussi fournir des repères aux élus sur le fonctionnement quotidien d’une commune. Les secrétaires généraux de mairie et directeurs généraux des services ont notamment travaillé sur leur relation avec les élus, tandis que le Centre de gestion, le CNFPT et la MNT sont intervenus sur leurs domaines respectifs.

Quelques mois après le renouvellement municipal, l’AMJ entend donc accompagner la prise de fonction au-delà des premiers conseils. Pour Sandrine Gauthier-Pacoud, la participation des nouveaux élus constitue déjà un premier signal : « On est assez satisfait parce qu’on a quand même pas mal de nouveaux élus ». Derrière les fonctions et les obligations, reste désormais à transformer ces informations en réflexes pour le mandat.