Louhans-Châteaurenaud. La biodiversité dévoile ses refuges

Après deux années d’inventaires, l’Atlas de la biodiversité livre son diagnostic. Il révèle une richesse naturelle parfois insoupçonnée.

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Les prairies permanentes couvrent 40 % du territoire communal. Image d'illustration.

Pendant deux ans, naturalistes, associations et habitants ont scruté Louhans-Châteaurenaud sous un autre angle. Oiseaux, chauves-souris, amphibiens, insectes ou flore ont été recensés dans le cadre de l’Atlas de la biodiversité communale, engagé en 2023. L’objectif était triple : améliorer les connaissances, sensibiliser la population et identifier les enjeux à intégrer dans la gestion du territoire.

Le bilan confirme une biodiversité bien présente. 3 709 observations d’oiseaux ont été compilées, représentant 100 espèces, dont 72 potentiellement nicheuses. Pour la faune hors oiseaux, 835 données récentes ont été recueillies et 287 espèces identifiées, parmi lesquelles 238 insectes. Surtout, 72 % de ces données faunistiques ont été produites pendant l’Atlas.

Mais l’intérêt du travail réside surtout dans ce qu’il révèle. 31 espèces à enjeux ont été identifiées. Leur répartition dessine plusieurs refuges à préserver : les prairies humides de Longemale, le réseau d’étangs du Bulet ou encore les abords de la Seille. Jusqu’à six espèces à enjeux ont ainsi été recensées dans certaines mailles de Longemale.

Longemale, la Seille et le Bulet en première ligne

Les cours d’eau concentrent une part importante de cette richesse. La Seille, ses affluents, les ripisylves et zones humides accueillent notamment oiseaux et odonates. Les prairies alluviales de Longemale se distinguent également par leurs insectes et leur avifaune. Quant au parc du Breuil, à la confluence de la Seille et du Solnan, il devra faire l’objet d’une « attention particulière ».

L’inventaire a aussi réservé une découverte notable en pleine ville : un gîte estival de Murins à oreilles échancrées a été repéré dans un bâtiment communal. Au total, 26 espèces faunistiques protégées sont connues sur la commune. Parmi elles figurent notamment le Grand Capricorne et le Cuivré des marais.

Le paysage louhannais explique en partie cette diversité. Les milieux ouverts et semi-ouverts occupent 56 % de la commune, dont 40 % de prairies permanentes. Les espaces boisés représentent 18 % et les habitats aquatiques 2 %. Même dans une commune marquée par son centre urbain, la nature reste donc fortement imbriquée dans le territoire.

De l’inventaire à l’aménagement

Car l’Atlas n’a jamais été pensé comme un simple catalogue d’espèces. La Ville veut en faire la première grande étape de sa transition environnementale. Les connaissances acquises doivent notamment éclairer les règles d’urbanisme, alimenter la révision du SCoT et préciser la Trame verte et bleue. L’environnement est ainsi considéré comme « un atout en amont de tous projets et non une contrainte en aval ».

Le travail reste néanmoins à poursuivre. Le rapport prévient lui-même que les connaissances ne sont pas exhaustives. Certaines zones ont davantage été prospectées que d’autres et l’absence d’observation ne signifie pas qu’une espèce est absente. De futurs inventaires pourront donc compléter cette photographie.

Après deux années passées à observer, compter et cartographier, une nouvelle phase s’ouvre ainsi pour Louhans-Châteaurenaud. L’enjeu sera désormais de transformer ces connaissances en actions concrètes. L’Atlas devient alors moins un aboutissement qu’un outil pour préserver les refuges naturels désormais mieux identifiés.