Dossier de la semaine. Le bénévolat change, les associations s’adaptent

Les forums de rentrée illustrent la vitalité du tissu associatif. Mais derrière les stands, les façons de s’engager évoluent et les fragilités demeurent.

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Les forums de rentrée mettent en lumière la diversité du tissu associatif.

Les stands sont nombreux, les disciplines aussi. Dimanche 6 septembre, près de 170 associations étaient réunies au parc des Bains, à Lons-le-Saunier. La veille, Louhans accueillait simultanément son Forum des associations à la Grenette et son Forum des sports au Palace Pierre-Provence. Dans le même temps, Oyonnax revoyait entièrement son dispositif pour permettre aux habitants de découvrir les associations directement dans leurs locaux. Une formule qui doit aussi favoriser les échanges entre structures : « Les associations, elles ont plaisir de se retrouver, pas seulement pour la leur, mais pour se retrouver, discuter avec les autres. […] Et des fois, il se crée des contacts pour les associations. Ils aiment bien se retrouver ensemble. » explique Franck Gilard, le directeur des sports d’Oyonnax.

Ces rendez-vous de rentrée donnent à voir un monde associatif toujours foisonnant. En Bourgogne-Franche-Comté, quelque 65 000 associations sont recensées. « Raconter les associations, c’est raconter plein d’histoires », résume Sarah Persil, vice-présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté en charge de la vie associative.

Des histoires de passion, d’abord, mais qui dépassent souvent l’activité pratiquée. Un club peut organiser des événements, former des jeunes, puis interpeller les élus sur un besoin. Sarah Persil parle d’une véritable « expertise d’usage ». Dans le Jura, la Fédération de pêche, forte de plus de 14 000 adhérents, en est un exemple. Plus largement, les associations occupent une place économique et sociale importante : en milieu rural, elles représentent 15 % de l’emploi privé en Bourgogne-Franche-Comté.

Pourtant, derrière cette vitalité, le constat est plus contrasté. « Les associations aujourd’hui en France et dans le Jura ne vont pas très bien », alerte Sarah Persil. Baisse ou incertitude des financements, multiplication des démarches, mise en concurrence : la charge s’alourdit. « Les bénévoles qui sont là pour faire de la pêche ou faire jouer les gamins au rugby, ils ne sont pas là pour remplir des dossiers. »

Pas une crise de l’engagement

Cette fragilité ne signifie pourtant pas que les bénévoles disparaissent. « C’est très faux. Au contraire, les gens n’ont jamais été aussi engagés », insiste Sarah Persil. Selon elle, une cinquantaine d’associations se créent encore chaque jour en France. Ce qui change, c’est la manière de s’investir. L’engagement durable laisse davantage place à un bénévolat par projet, qu’elle qualifie d’engagement « post-it ».

Les forums de Lons-le-Saunier, Louhans et Oyonnax prennent alors une autre dimension. Ils restent « un bon moyen de recrutement d’adhérents, et pas forcément de bénévoles ». Adhérer constitue une première étape ; prendre des responsabilités vient parfois ensuite. Mais les associations doivent désormais composer avec des personnes qui donnent plus volontiers du temps ponctuellement, selon leurs envies et leurs disponibilités.

Carré d'article Jura Vitrages

Faire vivre l’engagement autrement

Dès lors, l’enjeu consiste moins à regretter le bénévolat d’hier qu’à s’adapter à celui d’aujourd’hui. Partage des responsabilités, fonctionnement collégial ou meilleure reconnaissance de l’investissement font partie des pistes évoquées. « Il est important de remercier les bénévoles, de les féliciter, de les encourager, de les valoriser », insiste Sarah Persil. Une évolution nécessaire pour préserver ce qu’elle considère comme « notre richesse locale ».

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