Rubrique. Grands mots, grands remèdes : Mondialités

0
63
Docteur Gérard Bouvier

Les Journées Mondiales, Internationales ou plus modestement Nationales s’égrènent au long de notre calendrier rivalisant sans vergogne avec les saints de l’Église catholique et apostolique. Chacun, selon son degré de laïcité, fera son choix et Dieu reconnaitra les siens.

Ce 25 mai, c’est la foire d’empoigne ! (1) (2). C’est la Journée Mondiale de la serviette. Ce mot nait en 1328, remplaçant – Dieu soit loué ! – la touaille. On doit honorer la serviette (sans aller jusqu’à la minute de silence) car le nom de cette pièce de linge raconte combien elle nous sert et combien elle est serviable.

C’est aussi la Journée Mondiale de la Thyroïde, glande très sollicitée dans la vie courante (3). Et c’est encore la Journée Mondiale de l’Afrique dont l’importance n’est plus à démontrer. D’autant que c’est là qu’est né il y a 315 000 ans, peut-être un 25 mai, l’Homo sapiens et sa Femina très sachante aussi (4).
Le 25 mai est aussi la journée internationale des Geeks. Aux États-Unis, ce mot désignait une personne étrange, marginale ou un artiste de foire. Depuis Internet, il désigne un passionné d’informatique et de nouvelles technologies.

Plus dramatique, le 25 mai est enfin et pour conclure la Journée Internationale des enfants disparus. Etan Patz, 6 ans, disparait à New York le 25 mai 1979. Il ne sera jamais retrouvé malgré une innovation : la photo de l’enfant imprimée sur les packs de lait. Le drame émeut l’Amérique et Ronald Reagan en 83 crée la Journée Nationale des enfants disparus.

Toutes ses Journées sont bien utiles car sans elles nos Semaines seraient bien trop courtes. Surtout n’oublions pas la Journée Mondiale sans tabac le 31 mai (5). Qui sera aussi cette année la fête des Mères, la fête de la Visitation de la Vierge Marie et la Sainte Pétronille ! (6).

Notes pour compléter ce texte

(1) – Le 25 mai pourrait être en Comté être la Journée Régionale du Sapeur Camember. Car son créateur Marie-Louis-Georges Colomb est né à Lure le 25 mai 1856. Il fut un précurseur de la bande dessinée et le lycée de Lure porte son nom. Ça n’est que justice : il était aussi auteur de manuels scolaires.
Cette journée n’a jamais vu le jour. Il y avait un risque de confusion avec la Journée Internationale des sapeur-pompiers le 4 mai, et la fête du Camembert dont la seizième édition aura lieu à Orbec (Calvados) le 7 juin 2026.

(2) – On est surpris d’apprendre qu’en 1773, être à la foire d’empoigne signifiait « être porté aux attouchements avec les femmes ». C’était un comportement touchant mais suspect et très vite le sens de l’expression a obliqué vers la notion d’une lutte confuse pour s’emparer de quelque chose.

(3) – Toutes ces journées mondiales questionnent les esprits tourmentés. Encore je ne vous ai donné qu’un extrait du calendrier. J’ai sauté l’action pour la santé des femmes dont la journée est internationale le 28 mai, précédent de 24 heures la journée des casques bleus qui suit de quelques heures la journée nationale de dépistage des cancers de la peau. Au lendemain de la journée de la sclérose en plaques…

(4) – Je me regardais tantôt dans la glace et j’étais un peu dépité : tant de perfection aboutie en seulement 315 000 ans, n’est-ce pas un peu vexant ? On me dit que si la Terre, qui date de 4,54 milliards d’années, était racontée condensée sur une journée de 24 heures, l’homo sapiens ne serait apparu qu’à 23h 59 minutes et 54 secondes. Et pourtant à peine mis le pied dans la porte voilà que l’homo sapiens a déjà taillé les pierres pour en faire des flèches qui tuent, inventé les impôts et les dates limites, mis au point l’affinage du comté et les mots de passe qui -quand on les a perdu- nécessitent de les afficher pour les remplacer… Les prochaines secondes risquent de nous paraitre bien longues.

(5) – La Journée sans tabac du 31 mai est pour les buralistes une journée funeste et même calamiteuse. Heureusement pour eux les fumeurs ont fait leurs provisions…

(6) – Bien sûr, il y a Pétronille et Pétronille et toutes les Pétronille ne se valent pas, loin s’en faut. Mais celle dont on parle ici c’est du lourd. Car la tradition dit que sainte Pétronille était très belle au point qu’un noble de Rome, Flaccus, voulut l’épouser coûte que coûte et séance tenante. Elle demanda 3 jours de réflexion ce qui de nos jours, avec le recul, parait assez peu. Pendant ces trois jours elle jeûna et pria et le quatrième jour elle mourut.
Elle fut historiquement et depuis Pépin le Bref au VIIIème siècle et jusqu’en 1922, la patronne nationale de la France avec Geneviève, Radegonde et Clotilde.
Mais bien sûr que si !

Pour découvrir la rubrique complète.