Dossier de la semaine. Le Jura affirme son agriculture, même sans vaches

Le Jura affirme son agriculture sans vaches, mettant en lumière sa diversité et sa solidarité face aux crises.

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stand agriculture Jura Salon de l’agriculture
Le stand jurassien comme espace de dialogue et de reconnaissance.

Présent sur le salon pour la deuxième année consécutive, le Jura a tenu à maintenir son stand malgré un contexte sanitaire contraint.

L’automne a été marqué par la DNC, avec des conséquences lourdes pour les éleveurs. L’absence de vaches sur le salon n’a pourtant pas remis en cause la décision. “Pour nous, ça a toujours été clair : il fallait qu’on soit présent”, rappelle Gérôme Fassenet, président du département du Jura, soulignant l’importance de ce rendez-vous national.

Cette présence se veut collective. Services de l’État, conseil départemental, filières agricoles et coopératives ont été mobilisés. L’épisode sanitaire a laissé des traces profondes. Mais il a aussi révélé une capacité à faire front. “Après le choc psychologique, on a retrouvé les éleveurs derrière le travail et la solidarité”, insiste l’élu, évoquant les actions menées pour permettre aux exploitations de repartir.

Au-delà de l’élevage, le stand jurassien met en avant la diversité de ses productions. Vins, fromages, miel, volailles ou encore artisanat composent une vitrine assumée. Les médailles obtenues sont saluées comme un signal fort. “On a énormément de qualité”, glisse un responsable, félicitant le travail des vignerons et des fromagers, malgré l’absence des concours bovins.

Une agriculture solidaire et résiliente

Pour Christophe Buchet, président de la Chambre de l’agriculture du Jura, le salon reste un temps fort, même sans animaux. “Il n’y a peut-être pas de vaches, mais la richesse de l’agriculture jurassienne, c’est tous ces produits”, affirme-t-il.

L’épisode sanitaire est présenté comme un révélateur des valeurs du monde agricole : entraide, responsabilité et gestion collective des crises.

Le salon est aussi pensé comme une vitrine d’avenir. Attirer des jeunes, montrer des exploitations capables de durer, parler d’installation et de transmission. “Cette vitrine-là, c’est l’affichage de la dynamique du département”, insiste le président de la chambre d’agriculture.

Derrière les produits, c’est tout un territoire rural qui cherche à se projeter et à se rendre attractif.

La séquence s’est conclue sur une dimension plus large, presque politique. La diversité des départements est revendiquée comme une force nationale. “Quand on est au salon, c’est d’abord la France de ses territoires qu’on célèbre”, rappelle François Sauvadet, président de l’Assemblée des maires de France, évoquant souveraineté alimentaire, reconnaissance du métier et renouvellement des générations.

“Il faut dire à nos jeunes que c’est le plus beau métier du monde”.