Dole. Vieillir ensemble, mais chacun chez soi

À Dole, un nouveau lieu de vie propose des logements adaptés seniors autonomes pour vieillir ensemble en toute indépendance.

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béguinage pour seniors autonomes à Dole
Le futur béguinage de Dole comptera 23 logements de plain-pied organisés autour d’un jardin partagé, pour favoriser le lien social tout en préservant l’indépendance de chacun.

À Dole, un nouveau lieu de vie dédié aux seniors autonomes va voir le jour. Réunis à l’hôtel de ville, élus et porteurs du projet ont présenté ce béguinage, “une première à Dole”. L’ambition est claire : proposer “des logements adaptés” pour répondre au vieillissement de la population et à l’isolement grandissant.

Porté par l’association Vivre en Béguinage, le projet s’inscrit dans un modèle d’habitat inclusif né en 2011. “On n’a rien inventé”, sourit le président de l’association “Vivre en béguinage”, Christophe Baiocco. À l’origine, des retraités en quête d’un cadre “bienveillant et solidaire”. Depuis, une quinzaine de béguinages ont ouvert en France. Et le mouvement s’accélère.

À Dole, 23 logements de plain-pied, du T2 au T3, seront répartis autour d’un jardin et d’une salle commune. Le loyer global mensuel s’élève à 759 euros pour un T2 et 933 euros pour un T3. Ces montants incluent le logement adapté, une provision sur charges locatives, une place de parking privative, l’accès aux espaces partagés ainsi que l’accompagnement à la vie en béguinage. “On est chacun chez soi, mais les autres ne sont jamais bien loin.” Tout est pensé pour conjuguer indépendance et convivialité.

“Garder le contrôle sur sa vie”

Le béguinage s’inspire des communautés d’Europe du Nord, comme à Bruges, où vivaient autrefois des femmes seules. Modernisé, le concept repose sur trois piliers : le vivre-ensemble, l’inclusion sociale et la prévention santé. “Ce qui compte, c’est garder le contrôle sur sa vie”, rappelle le docteur Olivier de Ladoucette, expert du bien vieillir. Selon lui, cette “troisième vie” peut durer vingt à trente ans. À condition d’être stimulé et entouré.

Dans les béguinages, les activités sont facultatives. Atelier mémoire, jardinage, repas partagés organisé indépendamment. “Notre vie n’est pas dictée par des chefs, témoigne une résidente, on propose, on échange, on décide ensemble.” Un coordinateur veille à l’équilibre du groupe et à l’intégration des nouveaux arrivants. Un accompagnateur santé intervient aussi, dans une logique préventive, pour repérer les fragilités et organiser des ateliers autour de la nutrition ou de la prévention des chutes.

Les logements relèvent du prêt locatif social. Les candidats doivent respecter des plafonds de ressources fixés par l’État : environ 30 000 euros de revenu fiscal de référence pour une personne seule et 40 634 euros pour un couple. “On est sur du logement social intermédiaire”, précise Christophe Baiocco. L’objectif est de garantir des loyers inférieurs d’environ 20 % au marché locatif privé.

Entre autonomie et collectivité

La solitude reste le dénominateur commun. “Je suis venu ici pour ne pas être seul.” En France, des centaines de milliers de seniors vivent en situation de mort sociale. Le béguinage veut offrir une alternative, sans basculer en établissement médicalisé. Les logements sont adaptés, sécurisés, mais chacun “rentre et sort comme il veut”.

À Dole, les travaux avancent dans le quartier du Bois-Chaud. L’ouverture est prévue d’ici la fin de l’année.