Ici, pas de salariés ni de clients au sens traditionnel du terme. À Vriange, l’épicerie participative fonctionne grâce à ses adhérents, qui donnent de leur temps pour faire vivre ce commerce d’un nouveau genre. À l’origine du projet, une idée lancée par Stéphanie Wimmer, rapidement partagée par plusieurs habitants et producteurs des environs. Accompagné par l’association nationale Bouge ton CoQ, spécialisée dans le développement d’épiceries participatives rurales, le collectif a trouvé à Vriange un local mis gratuitement à disposition par la municipalité.
L’aventure a débuté à la mi-novembre 2025 avec 32 adhérents. En juin dernier, ils étaient déjà 65. « Nous ne cherchons pas des clients, nous cherchons des gens bénévoles qui sont intéressés par le projet », explique Annie Tobaty, membre de l’association.
Le principe est simple : chaque adhérent consacre deux heures par mois au fonctionnement de l’épicerie, sauf les personnes de plus de 75 ans ou en situation de handicap. Commandes, réception des livraisons, mise en rayon, caisse ou ménage : toutes les tâches sont assurées collectivement.
Des produits locaux, sans marge ou presque
Dans les rayons, les productions du territoire occupent une place centrale. Entre 20 et 25 producteurs locauxapprovisionnent l’épicerie, avec une préférence pour l’agriculture biologique. Fruits, légumes, farine, pâtes, lentilles, viande ou encore pain sur commande composent une offre destinée à faciliter les achats du quotidien.
« Beaucoup de nos adhérents allaient déjà d’un producteur à l’autre. Là, au moins, ils ont tout », souligne Annie Tobaty. Pour compléter les produits introuvables localement, l’association travaille avec des grossistes biologiques.
Autre particularité : l’absence de marge sur la plupart des produits. Seuls les fruits et légumes achetés auprès du grossiste font l’objet d’une majoration de 10 %, destinée à compenser les pertes. L’objectif est de proposer une alimentation de qualité à un prix accessible.
Ouverte le vendredi de 17 heures à 19 heures et le samedi de 9 h 30 à 11 h 30, l’épicerie accueille une vingtaine d’adhérents réguliers chaque semaine.
Bien plus qu’un simple commerce
Mais l’ambition ne s’arrête pas aux courses alimentaires. Une salle de convivialité, récemment aménagée, doit permettre de développer les rencontres entre habitants. Après un atelier cuisine et une journée portes ouvertes, l’association prépare de nouvelles animations accessibles au-delà de ses adhérents.
Jeux de société, couture, initiation aux outils numériques ou échanges autour des livres figurent parmi les activités envisagées. Une réunion prévue le 3 novembre doit permettre d’en préciser l’organisation.
Pour Annie Tobaty, cette dimension collective constitue le véritable cœur du projet. « Ce n’est pas consommer autrement. C’est vivre autrement. C’est vivre avec les autres. » Une philosophie fondée sur la solidarité, le partage et l’engagement bénévole.
Dans ces villages où les commerces de proximité se font rares, l’épicerie de Vriange entend ainsi devenir bien davantage qu’un point de vente : un lieu où les habitants se retrouvent et construisent, ensemble, une autre manière de faire vivre leur territoire.
























