Tavaux. Le PPRT continue de façonner les projets d’urbanisme

Alors que les besoins en hébergement pour les personnes âgées augmentent, la municipalité de Tavaux se heurte aux règles du Plan de prévention des risques technologiques. Un document qui influence encore aujourd'hui plusieurs projets d'aménagement de la commune.

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Group of senior people in day-care center eating the dinner together

Avec une liste d’attente de 120 demandes, l’Ehpad de Tavaux pourrait avoir besoin de grandir dans les prochaines années. La municipalité envisage en effet la création de vingt places supplémentaires afin de porter sa capacité de 60 à 80 lits. Un projet qui répondrait à l’évolution démographique du territoire, mais qui se trouve aujourd’hui confronté à une contrainte réglementaire : le Plan de prévention des risques technologiques (PPRT) lié à la plateforme chimique Ineos Innovyn de Tavaux (ex-Solvay).

« Aujourd’hui, un des enjeux de la commune, c’est le vieillissement de la population », explique le maire Jean-Michel Daubigney. « On voudrait augmenter l’Ehpad de 20 places, en passant de 60 à 80 lits ».

Adopté en février 2010 après la catastrophe d’AZF à Toulouse, le PPRT définit des périmètres de protection autour du site industriel. Dans certaines zones, les nouvelles constructions ou les extensions de bâtiments sont limitées, voire impossibles.

À Tavaux, l’Ehpad se situe dans l’un de ces secteurs réglementés. « On a une liste d’attente de 120 personnes et je ne peux faire 20 lits supplémentaires parce que je ne suis pas du bon côté du trait (NDLR : le PPRT est défini sur du papier par des arcs de cercle définissant les zones) », résume l’élu.

Un développement urbain guidé par le risque industriel

Cette réalité n’est pas nouvelle pour la commune. Depuis quinze ans, les projets d’aménagement doivent intégrer les contraintes du PPRT. Les zones les plus proches de la plateforme chimique sont soumises à des règles particulières destinées à limiter l’exposition des populations à un éventuel risque technologique.

« Je conçois et j’adhère complètement à cette idée d’avoir un plan de prévention », assure Jean-Michel Daubigney. Le maire rappelle toutefois que le document continue de peser sur certaines décisions d’urbanisme. Dans le quartier de la Vuillardière, vaste opération d’aménagement engagée par la commune, plusieurs choix ont ainsi été dictés par le zonage réglementaire.

Développé progressivement depuis 2020, ce secteur accueille déjà des logements en accession, des programmes portés par Néolia et la nouvelle gendarmerie. D’ici 2032, il doit également intégrer une résidence autonomie, un habitat inclusif et de nouvelles résidences seniors. Les documents d’aménagement présentent d’ailleurs ce projet comme « la dernière pièce du puzzle » du développement urbain du secteur.

Transformer les contraintes en opportunités

Certaines parcelles restent néanmoins inconstructibles. C’est notamment le cas d’un terrain situé à proximité du parc des Vernaux, où la commune avait envisagé plusieurs aménagements avant de devoir composer avec les restrictions imposées par le PPRT.

Plutôt que d’abandonner le secteur, la municipalité a choisi de l’intégrer autrement dans son projet urbain. Les réflexions portent désormais sur des aménagements paysagers, des espaces de respiration et des liaisons douces entre les différents équipements du quartier.

Dans les zones autorisées, les projets avancent. Le permis de construire de la future résidence autonomie a été obtenu et un programme d’habitat inclusif est également prévu à proximité. Une contrainte avec laquelle la collectivité compose au quotidien pour poursuivre son développement tout en respectant les exigences de sécurité liées à la présence de la plateforme industrielle.