Septmoncel les Molunes. Le lotissement du Manon de nouveau contesté

Dans le cadre de l'enquête publique sur le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi), le collectif "StopManonpoly" demande le retour en zone agricole des terrains du Manon, où un projet de lotissement est envisagé depuis 2023.

0
67
Manonpoly
La parcelle agricole convoitée pour un projet immobilier sur le hameau du Manon à Septmoncel les Molunes. Crédit photo : Mickaël Martin

L’histoire remonte à juin 2023, lorsqu’un permis d’aménager pour 16 maisons a été accordé sur un terrain de plus d’un hectare. Après trois recours gracieux, notamment de Jura Nature Environnement et de la sous-préfecture, le permis a été retiré en septembre de cette même année. Un nouveau permis, portant sur une dizaine de logements, a ensuite été accordé en septembre 2024. Selon le collectif, il n’a toutefois jamais été affiché sur le terrain.

Aujourd’hui, le projet réapparaît dans le PLUi de la communauté de communes Haut-Jura Saint-Claude, avec un classement en zone AUb, destinée à accueillir de nouvelles constructions.

Préserver les terres et loger les habitants

Retraitée paysanne installée dans le Haut-Jura depuis plus de 40 ans, Pascale Bouillier participe au collectif depuis 2023. Elle et son collectif s’inquiètent de l’artificialisation des sols et de ses conséquences sur les espaces naturels et agricoles. « On ne peut pas tout bétonner », résume-t-elle.

Le collectif conteste également la destination des logements envisagés. Dans la version initiale du projet, les maisons étaient estimées à environ 500 000 euros. Un prix qui, selon Pascale Bouillier, risque de les rendre inaccessibles à une partie des habitants. « Il faut absolument que les gens qui travaillent dans les Ehpad, dans les fermes, les artisans, puissent se loger sur place », souligne-t-elle.

Le collectif « StopManonpoly » demande aux élus de revoir le classement des parcelles et de privilégier la réhabilitation des logements vacants et des friches industrielles plutôt que l’ouverture de nouvelles zones à construire. Le collectif souhaite également favoriser les constructions dans les bourgs, à proximité des services et des transports. Durant tout le mois d’octobre, une enquête publique a permis aux habitants de déposer leurs observations. Le collectif a transmis ses contributions et appelle à la mobilisation. « On demande aux élus de revoir leur copie », conclut Pascale Bouillier.