
L’hiver approche, mais les interrogations demeurent. « On sent quand même que les gens sont un petit peu en mode : est-ce qu’il y aura de la neige ? », constate Carole Maréchal, directrice de l’Espace nordique jurassien (ENJ). La saison passée, les ventes de redevances ont atteint 2 millions d’euros, contre 2,4 millions habituellement. « Il nous a manqué ces 400 000 euros qui correspondaient aux ventes des périodes de Noël », explique-t-elle, espérant « beaucoup de neige pour cette période ».
Attirer de nouveaux pratiquants
Pour préparer l’avenir, l’ENJ entend continuer à rendre le ski nordique accessible. L’opération « Sixièmes à la neige », soutenue par le Département à hauteur de 30 000 euros par an, a permis à 2 362 collégiens de 31 établissements de découvrir la discipline lors de 53 sorties. « On est en train de construire nos ambassadeurs du nordique de demain », souligne Carole Maréchal. À la suite de ces sorties scolaires, 26 familles ont également bénéficié d’une offre pour venir skier.
Autre rendez-vous reconduit : les Nordique Night, des soirées d’initiation au ski de fond. Après huit soirées et 850 participants l’an passé, quinze dates sont envisagées sur les trois départements du massif. Pour 25 euros, les participants profitent d’une heure d’initiation, du matériel et d’un moment convivial autour de produits locaux.
Au-delà du ski de fond, l’Espace nordique jurassien souhaite encourager les visiteurs à multiplier les expériences en montagne. Raquettes, initiation au biathlon ou chiens de traîneau font partie des activités qui peuvent compléter une sortie. « Les gens veulent davantage tester un petit peu de tout », observe Carole Maréchal. Les habitudes évoluent également en matière de séjours : plutôt qu’une semaine entière à la montagne, certains privilégient désormais plusieurs escapades. L’objectif est ainsi de proposer une offre touristique plus variée, adaptée aux envies des visiteurs comme aux incertitudes liées à l’enneigement.

Mieux informer et partager les pistes
L’Espace nordique jurassien (ENJ) travaille également à la refonte de son bulletin neige, avec une cartographie permettant de visualiser les parcours ouverts. Des webcams pourraient aussi être installées plus en altitude. « Il faut être réaliste. En dessous de 1 100 à 1 300 mètres, c’est un peu plus limite », rappelle Carole Maréchal.
Sur le terrain, la cohabitation entre les pratiques constitue un autre enjeu. Gilles Prost, conseiller municipal suppléant au syndicat mixte du Parc naturel régional du Haut-Jura pour la commune de Lajoux, alerte sur le passage d’autres usagers : « Dès qu’il y a de la neige, il n’y a pas que des skieurs qui essaient de passer. Il y a beaucoup de traileurs. »Lorsque la couche neigeuse est faible, ces passages peuvent endommager les pistes et accélérer la fonte. L’ENJpoursuit la modernisation de la signalétique des itinéraires raquettes et développe les haltes dédiées à la randonnée. « On évolue avec le climat tous les jours », résume Carole Maréchal, pour qui l’enjeu est désormais de faire vivre les sites nordiques au-delà du ski.
























