
Avant de devenir cette mosaïque de forêts, de pâturages et de vallées, la Petite Montagne reposait sous une mer tropicale. Les sédiments accumulés durant le Jurassique ont lentement formé d’épaisses couches de calcaire. Puis, avec la naissance des Alpes, ces roches ont été soulevées, donnant naissance aux crêts, combes et reculées qui dessinent encore aujourd’hui le paysage entre la Bresse et les premiers plateaux jurassiens.
Ce relief a profondément influencé l’installation des hommes. Les vallées du Suran, de la Valouse et de l’Ain sont devenues des axes naturels de circulation, tandis que les hauteurs offraient des positions idéales pour surveiller le territoire.
Les premières traces de présence humaine remontent à la Préhistoire. Haches polies, silex taillés, tumulus et vestiges funéraires témoignent d’une occupation ancienne. À l’époque gauloise, le territoire appartient aux Séquanes avant d’être intégré à l’Empire romain après la conquête de Jules César. Les Romains y aménagent plusieurs voies reliant la vallée de la Saône au bassin lémanique. Villas rurales, monnaies et céramiques découvertes dans la région rappellent encore cette période de prospérité.

Des châteaux aux maquis, un territoire façonné par l’histoire
À partir du XIᵉ siècle, la Petite Montagne devient une véritable terre de forteresses. Les châteaux d’Oliferne, d’Arinthod, de Dramelay, de Montfleur ou encore de Chavéria dominent les vallées et contrôlent les voies de passage. Les habitants vivent alors principalement de l’agriculture, de l’élevage et de l’exploitation des vastes forêts, tandis que les seigneurs se disputent régulièrement ces positions stratégiques.
La région paie ensuite un lourd tribut aux conflits. La guerre de Dix Ans (1634-1644), épisode comtois de la guerre de Trente Ans, dévaste de nombreux villages. Incendies, famines et épidémies entraînent une forte baisse de la population. En 1678, le traité de Nimègue rattache définitivement la Franche-Comté au royaume de France, ouvrant un nouveau chapitre de son histoire.

Une identité toujours bien vivante
Le XIXᵉ siècle marque ensuite l’apogée démographique de la Petite Montagne. Chaque village possède son école, son moulin, parfois sa fruitière ou son four banal. L’élevage, la polyculture et l’exploitation forestière font vivre la population, complétés par des activités comme la tournerie sur bois, la saboterie, les tuileries ou les carrières. Les marchés d’Arinthod, d’Orgelet et de Thoirette rythment alors la vie économique.
À partir de la fin du XIXᵉ siècle, l’exode rural transforme progressivement le territoire. De nombreux habitants rejoignent les bassins industriels d’Oyonnax, de Saint-Claude, de Lyon ou de Paris. Malgré cette évolution, les villages conservent leur caractère. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les reliefs boisés de la Petite Montagne deviennent également des refuges pour plusieurs groupes de résistants.
Aujourd’hui encore, ce territoire reste marqué par cette histoire. Ses paysages préservés, ses vestiges médiévaux, ses nombreux sentiers et ses villages de caractère attirent les visiteurs, tandis que les habitants continuent de faire vivre un patrimoine façonné au fil des siècles. Ici, la nature et l’histoire demeurent indissociables.























