Les enfants ont des droits. Pourtant, leur parole peine encore à trouver sa place. Présente au festival “On s’bouge”, l’association Défense des Enfants International (DEI) a choisi de rappeler une réalité souvent oubliée : écouter les mineurs reste un défi pour de nombreuses institutions comme pour les adultes. Pour sa coprésidente, Liliane Huguet, le constat est sans appel. « On a beaucoup de mal à écouter les enfants et à prendre au sérieux leur parole. » Une difficulté qui, selon elle, peut avoir des conséquences lourdes lorsqu’il s’agit de révéler des violences ou des situations de mal-être.
Cette question traverse l’ensemble des actions menées par l’association. Qu’il s’agisse de violences sexuelles, de maltraitance ou de discriminations, la DEI défend l’idée que les enfants doivent être considérés comme des sujets à part entière. « Que de temps perdu », regrette Liliane Huguet en évoquant certains dossiers où plusieurs années s’écoulent avant qu’un témoignage soit reconnu. Pour l’association, le problème ne se limite pas aux situations les plus graves. Il concerne aussi le quotidien et l’éducation. Ainsi, la DEI combat les violences éducatives ordinaires et déconstruit l’idée selon laquelle les droits de l’enfant favoriseraient l’« enfant roi ». « Un enfant a besoin d’un cadre », rappelle-t-elle. « Mais comment ce cadre est mis en place pour que ce ne soit pas dans la violence ? »
Des jeunes en quête de réponses
Cette nécessité d’écouter se retrouve également dans les interventions menées auprès des collégiens. Dans les classes, les échanges portent notamment sur le consentement, les relations entre filles et garçons ou encore le discernement. Des sujets qui interrogent fortement les adolescents. « Ils se posent des questions », observe Liliane Huguet. « Ce qu’ils nous reprochent, c’est de ne pas répondre. » Pour l’association, la Convention internationale des droits de l’enfant ne se résume donc pas à un texte juridique. Elle constitue avant tout un outil pour faire émerger une parole encore trop souvent reléguée au second plan. À travers son exposition et l’espoir de créer une délégation dans le Jura, la DEI entend poursuivre ce travail de sensibilisation auprès des enfants comme des adultes.

























