Haut-Bugey. Tous les acteurs de la mémoire rassemblés pour la première fois par la sous-préfète

Samedi 13 juin, Karine Garcin-Escobar, sous-préfète de Nantua, a tenu à honorer l'engagement des personnes qui sont garants de la mémoire des faits d'armes et de résistance dans notre région, mais également ceux, plus jeunes, qui vont et perpétuent ce devoir de mémoire en s'engageant.

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devoir mémoire Nantua
Madame la sous-préfète, Karine Garcin-Escobar, au milieu des porte-drapeaux dans la cours de la sous-préfecture de Nantua.

C’est une première. Karine Garcin-Escobar, sous-préfète de Nantua, a souhaité organiser une rencontre entre les acteurs de la mémoire et du monde combattant de l’arrondissement de Nantua, dans les jardins de la sous-préfecture de Nantua. « Si j’ai souhaité organiser cette rencontre, c’est parce qu’il me semblait important qu’un moment  soit consacré, non pas à une commémoration supplémentaire, mais à celles et ceux qui rendent les commémorations possible. À celles et ceux qui, souvent dans la discrétion, parfois depuis des décennies, entretiennent la mémoire de notre histoire commune », a prononcé la sous-préfète lors de son discours.

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Karine Garcin-Escobar, sous préfète de l’arrondissement de Nantua.

Cette rencontre a été le témoignage de la reconnaissance du travail accompli dans le passé, à travers les différentes actions mises en place afin d’entretenir, de conserver et de transmettre notre histoire, ainsi que la mémoire de ceux qui se sont sacrifiés par le passé pour nous permettre d’être ce que nous sommes.

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Hommage et reconnaissance à tous ceux qui perpétuent et font vivre la mémoire.

Une terre de mémoire

« Notre arrondissement occupe une place singulière dans l’histoire nationale. Une place qui oblige, qui engage. Une place qui nous rappelle que la liberté dont nous jouissons aujourd’hui a parfois été conquise au prix du sang, du courage et de l’abnégation », a rappelé la sous-préfète.

Notre territoire a été le témoin de bien des conflits, et Nantua et Oyonnax, villes médaillées de la Résistance française, en sont deux symboles. D’autres comme le monument départementale des déportés de Nantua, celui des maquis de l’Ain et du Haut-Jura à Cerdon, la plaine d’Echallon, la borne au lion, le monument aux morts du centre-ville d’Oyonnax, permettent de ne pas oublier. Mais, au-delà des lieux et monuments, il faut rendre hommage aux personnes, femmes et hommes, qui ont combattu face à l’inacceptable.

L’exemple le plus parlant est la décision prise de défiler le 11 novembre 1943 au nez et à la barbe des Allemands et de la milice dans les rues d’Oyonnax, en allant déposer une gerbe portant l’inscription : “Les vainqueurs de demain à ceux de 14-18” devant le monument aux morts. « Ce geste, à lui seul, résume l’esprit de notre territoire. Il dit le courage, l’espérance, la fidélité à la République, il dit surtout la volonté de transmettre », a estimé Karine Garcin-Escobar.

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Symbole fort d’un passé de lutte et d’espérance, le monument de la prairie d’Echallon où les maquisards attendaient les parachutages alliés pour continuer la lutte.

Une histoire dont nous sommes les héritiers

L’accent a été mis sur celles et ceux qui accomplirent leur devoir en refusant de se soumettre et en participant à la lutte. Une pensée particulière pour Jean Moulin, préfet en 1939, qui représente le combat et l’engagement d’un représentant de l’État, puis d’un résistant de l’ombre.

Un focus également sut le combat des femmes qui sont longtemps restées dans l’ombre des récits officiels. « Elles furent souvent le maillon indispensable de la Résistance. Sans elles, beaucoup d’actions n’auraient jamais été possibles. Sans elles, beaucoup de vie n’auraient pas été sauvées », a tenu à préciser la sous-préfète.

Force est de constater que les témoins directs de la Seconde Guerre mondiale disparaissent progressivement. « Avec eux, c’est une parole vivante qui s’éteint. Une voix qui ne pourra plus raconter ce qu’elle a vu, ce qu’elle a vécu, ce qu’elle a enduré ». C’est précisément pour cette raison que l’engagement de certain est devenu si précieux.

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Une jeunesse qui prend le relais, une transmission bien réelle.

La Mémoire repose désormais entre nos mains et celle de nos enfants

Karine Garcin-Escobar a poursuivi en soulignant l’importance, et sa satisfaction, en voyant l’engagement au service de ce devoir de mémoire. Cela repose sur les associations patriotiques, les portes drapeaux, les enseignants, les élus, les institutions et bien évidemment, sur les jeunes générations : les jeunes portes drapeaux, les jeunes engagés du service national universel, les jeunes sapeurs-pompiers, les cadets de la gendarmerie, les élèves qui participent au concours national de la Résistance et de la Déportation.

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La fanfare du SDIS aux côtés de la sous-préfète. La fanfare a accompagné toute la rencontre sous une chaleur accablante.
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Une jeunesse qui n’hésite pas à s’impliquer. Les jeunes sapeurs pompier aux côtés de la sous-préfète.

Suivirent la lecture de textes qui évoquèrent notre territoire, ses blessures, ses héros, ses paysages et ses symboles. Des témoignages qui ont rappelé la réalité humaine qui se cache derrière les grandes pages de l’Histoire. Différents jeunes ont témoigné de leur engagement, de leur notion de transmission et d’avenir.

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Des témoignages personnels ont été délivrés par quelques jeunes, impliqués dans le devoir de servir et de conservation de la mémoire.

Enfin, des parcours exemplaires qui illustrent, chacun à leur manière, la fidélité aux valeurs de la République, ont été mis à l’honneur : Gilbert Pelisson et Didier Midol se sont vu remettre l’insigne de porte drapeaux et Aline Maret-Guelpa un superbe bouquet.

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De gauche à droite, Gilbert Pelisson, Karine Garcin-Escobar, Didier Midol et Aline Maret-Guelpa.

Cette rencontre, pensée comme un parcours, un cheminement, un moment de reconnaissance, a illustré une seule et même histoire, l’histoire de celles et ceux qui se souviennent, qui transmettent et qui continuent à faire vivre la République. « Parce que cette terre de Nantua, d’Oyonnax, de Cerdon, d’Echallon et du maquis de l’Ain et du Haut-Jura nous rappelle chaque jour le prix de la liberté. Continuons ensemble à la faire vivre, à la transmettre et à la défendre », a conclue la sous-préfète.