
Il n’apparaîtra peut-être pas sur les chars, ne lancera sans doute pas de goodies au public massé au bord des routes et ne cherchera pas les projecteurs. Pourtant, cet été, Denis fera bien partie de la grande famille du Tour de France.
Originaire de Dole, cet ancien cheminot de 64 ans va rejoindre la caravane publicitaire de la Grande Boucle, au sein du dispositif de la marque E.Leclerc.
Une aventure qu’il savoure déjà comme une petite victoire personnelle. Car le Tour, pour lui, n’est pas une simple épreuve cycliste. « Ça me fait rêver depuis que je suis gamin », confie Denis. Passionné de vélo depuis de longues années, il a longtemps pratiqué le VTT avant de se tourner davantage vers la route, au sein de son club. « Quand je monte une côte à vélo, j’ai l’impression de faire une étape du Tour de France dans ma tête », sourit-il.
Né en 1962, Denis a grandi avec un attachement fort à Dole et à la Franche-Comté. Après une carrière à la SNCF, commencée comme contrôleur de train à Dijon en 1983 avant de rejoindre Dole en 1988, il a ensuite occupé différents postes dans la région de Besançon, puis terminé son parcours professionnel à Poitiers.
Le déclic du départ Dole-Lausanne
Depuis 2018, Denis tentait de se faire une place dans l’univers du Tour. Candidature après candidature, il a frappé aux portes des agences travaillant avec les partenaires de l’épreuve. Sans jamais renoncer. « J’ai postulé, postulé, repostulé. Je n’ai jamais lâché le fait de pouvoir intégrer le Tour de France », raconte-t-il.
Le déclic, lui, remonte à 2022, lors du départ de l’étape Dole-Lausanne. Ce jour-là, Denis avait fait le déplacement depuis Châtellerault pour être bénévole. Affecté à un point de passage entre le paddock des coureurs et la scène de présentation des équipes, il voit défiler les champions, mais aussi les visages des enfants au bord du passage. « Ils avaient des yeux qui brillaient. Ils voyaient Thibaut Pinot, tous les champions de l’époque… Je me suis dit : c’est ça que je veux faire. Je veux être dans cette caravane, je veux suivre ce truc-là parce que ça me fait vibrer. »
Cette année, l’opportunité s’est enfin présentée. Son dossier, transmis par une agence publicitaire, a été retenu par E.Leclerc, partenaire bien identifié du Tour avec le maillot à pois. « La marque me fait confiance cette année. J’ai eu la chance d’intégrer ça et j’en suis super content et super fier », glisse Denis.
« Je suis là pour que tout roule »
Son rôle, pourtant, ne sera pas le plus visible. Denis ne sera pas forcément celui que le public croisera sur le parcours. Il se définit lui-même comme « l’homme de l’ombre ».
Concrètement, il devra vérifier que les équipes disposent du bon matériel, du bon nombre de tee-shirts, de goodies, de casques et que chaque départ se déroule dans les meilleures conditions. Le soir, il faudra aussi contrôler les hébergements, les parkings, les chambres, puis préparer la journée suivante. « Je suis là pour que tout roule », résume-t-il.
Un poste discret, mais essentiel dans une organisation où rien ne doit être laissé au hasard. « C’est comme si j’étais concierge dans un grand hôtel », compare Denis, qui revendique ce goût du service. « J’aime être utile. J’aime rendre service. Faciliter le travail des autres, c’est énorme. »
Il se prépare à vivre son premier Tour de l’intérieur avec humilité, mais aussi avec l’envie de bien faire. Et peut-être déjà l’idée d’une suite. « Si cette année, je marche super bien, l’année prochaine quand je postulerai, je pourrai dire que j’ai déjà fait ça. Et si je recommence le même poste, je le recommencerai avec plaisir. »























