Après sa relabellisation le 29 mai dernier, Plasticampus continue de plancher sur son avenir, alors que le plan de financement “Programme d’Investissements d’Avenir” arrivera à son terme fin 2027. « On a un budget de quatre millions d’euros qui va être réduit. Il s’agit de chercher d’autres appels à projets, afin de développer un vrai campus, au sens américain du terme », présente le président, Joël Viry. Pour ce faire, une des priorités sur la table est la carte des formations. « On a peu ou prou les mêmes formations qu’il y a 15 ans. Il faut qu’on travaille à en développer de nouvelles, surtout sur l’intelligence artificielle et l’automatisation », projette l’industriel.
180 étudiants pour 23 000 habitants
La directrice opérationnelle souhaite, quant à elle, développer la coloration des formations : « On avait tenté de colorer le BTS Plasturgie avec de l’administratif, mais ça n’a pas vraiment marché. Récemment, j’ai été contactée par un lycée en Occitanie pour colorer le BTS avec de l’aéronautique. Ces cursus spécifiques pourraient permettre de mieux répondre aux besoins des entreprises ». Et aussi d’attirer des étudiants, car Oyonnax, en tant que deuxième ville de l’Ain, souffre d’un déficit de jeunes inscrits par rapport à des villes de même taille. « On a 180 étudiants pour 23 000 habitants à Oyonnax. À Lons-le-Saunier, c’est 800 étudiants pour 17 000 habitants. Les jeunes qui partent faire leurs études à Lyon ou ailleurs, ils ne reviennent pas », constate Joël Viry.
Des stages de troisième dans plusieurs entreprises
C’est pourquoi l’industriel parle d’un « projet de survie pour le territoire », qui devra attirer des jeunes de Nantua, Hauteville ou Saint-Claude. Pour intéresser ces jeunes, un nouveau dispositif de stage de troisième est imaginé par l’association, après une requête de la sous-préfète, Karine Garcin-Escobar. « Les stages de troisième d’aujourd’hui, c’est une catastrophe. On prend le gamin d’un salarié et on le met dans un coin », regrette le président. « Au lieu que les jeunes galèrent à trouver un stage sur 15 jours dans la même entreprise, on pourra organiser des visites dans plusieurs entreprises, sur plusieurs filières, pour que la découverte soit réelle. On pourra également proposer des solutions de logement pour les jeunes qui viendraient de loin », explique Cemile Poyraz. En parallèle, les initiations au Fab Lab seront renforcées, avec 50 000 euros de matériel supplémentaire, dont plusieurs imprimantes 3D dernier cri.
Une reconnaissance du ministère et du rectorat
En France, l’accompagnement du lycée professionnel Germaine Tillion, à Thiers (Puy-de-Dôme), sera accentué. À l’étranger, les partenariats internationaux continueront d’être développés, en Italie, en Grèce, au Cameroun, en Turquie, en Tunisie, en Indonésie, et dans le cadre des programmes Erasmus+. Un laboratoire de recherche et un incubateur de start-up seront également pensés pour faire de la plasturgie une filière innovante. « Une étape a été franchie, avec la reconnaissance du ministre de l’Industrie, et celle du rectorat », promet Joël Viry. À présent, les financements sont recherchés dans le cadre de France 2030 et une mobilisation de tous les acteurs sera nécessaire. « Il faudra fédérer les communes, les communautés de communes et la Région, on ne pourra pas faire tout seul », conclut le président.
























