En juillet 2025, Catherine Grosrey, dernière médecin généraliste de Champfromier, a cessé d’exercer, après 33 ans dans la commune. Face à ce départ d’une professionnelle qui « avait une patientèle dans toute la vallée », le maire, Jacques Vialon, a immédiatement saisi l’opportunité qui lui a été présentée en fin d’année dernière. « Tout est allé assez vite, entre la rénovation des locaux, le raccord de la fibre et la mise en place des rendez-vous sur Doctolib », retrace l’édile, au moment d’inaugurer la nouvelle cabine de télémédecine route des Burgondes.

Une cabine dans le bassin le moins bien doté du département
Ce dispositif, qui doit offrir une solution aux territoires en manque de personnel médical, a été lancé en 2020 par le Département de l’Ain, avec un coup d’arrêt en 2024 qui a nécessité une adaptation politique. « En cours de route, la société H4D qui a conçu les cabines a déposé le bilan. On a fait le choix de redémarrer les cabines, avec la société “Ma Question Médicale” et on a réorganisé les implantations », explique Damien Abad, vice-président du Département en charge de la santé.
Sur les six cabines, trois ont été délocalisées car « certaines marchaient très bien, d’autres un peu moins ». C’est ainsi que Champfromier a profité du déménagement de la cabine de Prévessin-Moëns, en raison de l’installation d’un centre de soins non programmé dans cette commune.

Sur le territoire du Haut-Bugey, Montréal-la-Cluse a perdu sa cabine en raison « des pharmacies qui se sont équipées ». À Champfromier, ce nouveau dispositif vient avant tout répondre à une urgence, dans le bassin le moins bien doté de tout le département en médecin (6,3 médecins pour 10 000 habitants dans l’Ain, 3,2 médecins en Terre Valserhône). Concrètement, dans la cabine, le patient est mis en relation avec un médecin inscrit à l’Ordre national et peut lui-même s’ausculter à l’aide d’instruments et de capteurs.

Un dispositif encore amené à se développer
Une dizaine de rendez-vous ont déjà été réalisé depuis trois semaines à Champfromier, avec une ouverture le matin du lundi au vendredi. « C’est un vrai investissement pour la commune, et celles alentour (Giron et Chézery-Forens). Le coût de fonctionnement est estimé à 23 000 euros par an, essentiellement pour le personnel. Karla Coche-Diaz a été embauchée en tant que chargée d’accueil, c’est elle qui accompagne les patients et désinfecte les cabines », renseigne le maire. Jacques Vialon se satisfait de cette mise en place, mais déplore une « inéquité territoriale ». « Ce n’est pas très normal que des communes rurales prennent en charge une problématique de solidarité nationale. C’est une réponse imparfaite qui ne doit pas devenir la norme ».

Pourtant, le dispositif est amené à prendre encore de l’ampleur dans l’Ain. « Ce devait être la dernière, mais de nouvelles communes se sont portées volontaires », informe Jean Tafazzoli, président de “Ma Question Médicale”. Pour le Département, cet outil, qui n’est « pas la panacée de tous les maux », est une réponse complémentaire à d’autres dispositifs, comme la venue de médecins juniors à la rentrée de septembre : « Il pourrait y avoir entre 20 et 30 terrains de stage dans l’Ain, avec des médecins présents trois jours par semaine en cabinet », projette Damien Abad.

























